Regards de septembre
Posté le 4 septembre 2012
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Interview Europe 1
Posté le 28 juin 2012
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Législatives : premier tour, premières impressions…
Je vous avoue que mes sentiments sont toujours très confus, deux jours après ce premier tour des législatives. Je ne vais pas, ici, parler de tout, et je vais me contenter de démêler ce que je comprends des heurts et malheurs des résultats Front de Gauche.
Même si je suis évidemment absolument ravie du score obtenu par François Asensi, dont j’étais la suppléante, dans la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis et de sa qualification haut la main (plus de 10 points d’avance) face à Stéphane Gatignon investi par EELV et le PS (seul accord en France entre ces deux partis contre un sortant Front de Gauche, la bataille était donc rude)… Nous avons mené une magnifique campagne, avec un réseau militant hors pair, sur un territoire aussi attachant humainement que passionnant politiquement. Chapeau !
Mais je suis vraiment impactée par les résultats des autres candidats. Je pense en premier lieu à Jean-Luc Mélenchon. Il a fait avec notre soutien le choix d’aller porter le fer à Henin Beaumont, pour s’attaquer aux idées frontistes au cœur du pays minier. C’était un engagement politique juste, nécessaire. Il n’a pas remporté ce premier tour, en dépit de son audace et de son panache qui me plaisent tant. Mais je suis sûre que cet engagement va contribuer à battre Marine Le Pen au second tour… et que cette campagne sera riche d’enseignements pour nos combats futurs contre les idées si réactionnaires et xénophobes.
Je pense aussi à nos députés sortants devancés au premier tour par un candidat socialiste. On ne s’y attendait pas. Pierre Gosnat à Ivry, Marie Hélène Amiable à Bagneux-Malakoff, Patrick Braouezec à Saint Denis (qui se maintient et peut encore remporter l’élection dimanche prochain), Jean Pierre Brard à Montreuil-Bagnolet et Jean-Paul Le Coq au Havre. Leurs résultats ne furent pas mauvais (en moyenne, ils totalisent 30% sur leur nom) mais la poussée socialiste a été la plus forte. Avec un mode de scrutin aussi défavorable pour des forces comme les nôtres, l’addition est salée. Nous ne sommes pas certains d’obtenir une dizaine de députés, alors que nous avons 19 sortants. Après la belle campagne des présidentielles, c’est un peu assommant. La proportionnelle aurait permis l’élection d’une quarantaine de députés. Là, l’UMP et le PS se trouvent servis au-delà de la réalité du pays. C’est un problème démocratique sérieux. L’Assemblée ne sera pas à l’image de la diversité politique française.
Globalement, le Front de Gauche totalise un petit 7%. « Petit » au regard des 11% de la présidentielle et du potentiel de la gauche radicale. Nous sommes la deuxième force à gauche, ce qui n’est pas rien, mais nous sommes au-dessous de ce que nous aurions pu, du réaliser. Avec la quasi éviction politique de l’extrême gauche (NPA et LO font moins de 1%), le total des voix à la gauche de la gauche est au niveau de 2007, au pire moment pour notre espace, alors éclaté, à son niveau historiquement le plus bas.
Je ne me satisfais pas d’une comparaison avec le score du PCF de 2007 (4,2%). Le Front de gauche, ce n’est pas le PCF élargi. Je rappelle aussi qu’en 2007, les candidats communistes ont doublé le score de Marie Georges Buffet (1,93%) mais cette fois nous faisons nettement moins que le score de Jean-Luc Mélenchon.
Nous allons devoir comprendre ce qui a fait le succès et les limites du score de la présidentielle et ce qui a produit un résultat aussi décevant six semaines plus tard. Je le dis tout net : nous n’avons pas collectivement compris la dynamique de la présidentielle. D’ailleurs, elle nous a tous surpris au point même de nous trouver déçu d’avoir « seulement 11% » ! Pour ma part, un score à deux chiffres, j’en rêvais depuis longtemps… C’est un bon résultat. Vraiment. Il valide notamment la stratégie unitaire.
Ce score ne pouvait exister sans le terreau politique. Il y a dans notre pays autour de 15%, un peu plus, un peu moins, de gens qui ont un esprit rebelle, critique, qui cherchent au quotidien et en politique une alternative à ce monde égoïste et injuste, soumis aux normes des marchés financiers. Jean-Luc Mélenchon a su lui donner corps, lui donner les mots et les couleurs en puisant dans l’histoire et en tentant des innovations ajustées. Il a trouvé la façon de dire et de faire vivre nos idées. Sans proposition politique, ces militants et sympathisants demeurent mais vagabondent ailleurs….
Le succès de la campagne des présidentielles ne s’explique pas d’abord par la force de nos slogans mais par la qualité de l’argumentation qui donnait de la chaire à ces idées, de la force, de la crédibilité. Nous devons développer partout cette qualité de l’argumentation, du verbe, de l’audace. Ce n’est pas encore le cas. Il faut bien voir que nous sortons à peine d’une période de quasi KO politique. La gauche de gauche a bien failli sombrer. Nationalement, une personnalité a émergé. Il faut que nous retrouvions partout de telles couleurs, une telle qualité.
La seconde raison de ce succès est sans nul doute que la campagne Front de gauche est apparue lors des présidentielles comme un rassemblement. Jean-Luc lui même a une personnalité mixte, composite : ex-trotskiste, ex socialiste, et porte-voix d’un regroupement qui réunit des communistes, des alter, des écolos, des mouvementistes… La campagne des présidentielles a aussi été l’occasion de faire émerger de nouveaux visages, plus jeunes… pas encore assez colorés et féminins. Cette pluralité ne s’est, hélas, pas retrouvée dans les « tickets » de la législative. Ce n’était pas un détail pour mobiliser notre arc d’influence.
Ce faisant, en tout cas pour les sortants, les tickets ont sans doute été trop « institutionnels ». Jouer la sécurité n’est pas toujours « sûr ». Il faut entendre le besoin de renouvellement. Je suis frappée par la jeunesse des candidats qui ont mis à mal nos candidats sortants… Je crois vraiment que notre force est dans l’alliage d’un ancrage local, d’un discours politique fort et intéressant et dans la modernité des idées, des personnes et des formes.
Là aussi, il nous faut très certainement revoir nos expressions. Nous ne pouvons pas gagner quand nos candidats et les supports de nos discours, les formes de nos réunions sont trop classiques. De la continuité, il en faut. De la novation, aussi. Tout cela naîtra du mixte de nos expériences, de nos sensibilités de nos générations, de nos couleurs, de nos origines !
Il y a encore beaucoup d’autres analyses à produire. J’insisterai pour clore ce post sur deux idées :
Nous voulons nous réimplanter dans les milieux populaires. La campagne de Jean-Luc Mélenchon a permis de renouer avec les militants syndicaux. C’est inestimable. Mais le peuple ne se réduit pas aux salariés. Et les salariés eux-mêmes ne sont pas que des travailleurs. Nous devons cultiver nos relations avec tout ce qui fait le mouvement social. Et avec les artistes, les intellectuels qui sont des partenaires libres et incontournables pour inventer une politique adaptée à notre époque.
La seconde idée essentielle porte sur le fonctionnement du Front de gauche. Bien que je sois convaincue de la nécessité stratégique de réunir dans une seule formation politique unifiée toutes les composantes de la gauche de gauche, je crois que nous devrons vivre un certain temps avec cette forme hybride que l’on appel Front. Aujourd’hui ce front est un cartel d’organisation, à vrai dire dominé par deux d’entre elles, le PCF et le PG. Je crois nécessaire que la diversité politique soit mieux représentée, organisée, entendue. Je travaille à réunir tous les « petits » pour que nous soyons utiles à tout le Front de Gauche (la Fase, la Gu, la Ga, les Alternatifs, C et A…).
Je crois aussi nécessaire de faire place à tous ceux qui ne veulent pas adhérer à l’une ou l’autre de ces organisations. C’est pourquoi il nous faut absolument accepter les adhésions directes au Front de gauche et stabiliser partout des assemblées du Front de gauche. Nationalement, nous devrions mettre en place un parlement qui réunirait des représentants de partis, d’organisations et des individus.
Il restera (un détail !) à inventer une activité politique qui permette un investissement encore plus large de tous ceux et celles qui le souhaitent, encartés ou non au Front de gauche.
On reparle de tout ca… J’attends vos idées !
Je pars en campagne pour le second tour.
A très vite et bon courage…
Clémentine Autain
Posté le 13 juin 2012
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On n’est pas couché (France 2)
Posté le 14 mai 2012
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En espérant vous y retrouvrer nombreux
Posté le 4 mai 2012
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