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Libé, pas très libéré…

Pas eu le temps de vous en dire quelques mots. Et pourtant… J’étais vendredi au Forum de Libération. Je trouve vraiment pas mal que ce journal fasse vivre le débat politique par une manifestation publique, qui plus est organisée à Grenoble (ça change des trucs toujours en région parisienne…). Naïve probablement, nostalgique d’une période que je n’ai même pas connue sans doute, j’imaginais un rendez-vous populaire, avec une ambiance du genre “AG d’amphi”, un rien bordélique. Bref ! Je m’attendais à un espace en mouvement. Pour me mettre dans l’ambiance, j’avais déjà découvert le programme dans le train. L’économie des débats pouvait présager du reste : une orientation clairement au centre. L’édito de Laurent Joffrin de présentation du Forum était explicite (en gros, la gauche du PS est décimée depuis la présidentielle, l’avenir de la gauche est centre). Résultat : deux débats spécifiquement organisés sur le centre quand aucun n’a été consacré à l’avenir de la gauche de gauche. Exit des invités la LCR. Et avec la bonne idée d’organiser le Forum de Libé le même week-end que la Fête de l’Humanité, Marie-George Buffet n’était pas là et seul Patrick Braouezec parmi les communistes fut convié. Autre exemple significatif : le débat sur l’université opposait la ministre, Valérie Pécresse, à la jeune syndicaliste Julie Coudry, l’une des rares à s’être montrée favorable à l’autonomie des universités. C’est dire le curseur du débat contradictoire…

Dès le premier jour, un incident aussi hallucinant que révélateur s’est produit, sans qu’aucun écho n’en soit fait : des membres de la Société des lecteurs de Libération ont été refoulés violemment à l’entrée du Forum, dont l’espace ressemblait un peu à un bunker et pas franchement à un espace ouvert, accueillant, alternatif. L’un d’entre eux a été pris par la gorge par les flics et s’est retrouvé chez le médecin ! Une photo a été prise de la scène, je l’ai vue. Consternant. En fait, la police les avait pris pour des manifestants anars. Ces derniers étaient effectivement quelques-uns à être venus tracter contre le caractère politiquement droitier et fermé du Forum. Au lieu de les laisser rentrer, les organisateurs avaient préféré les mettre à distance : une menace de boules puantes dans le grand amphi ayant été proférée quelques jours plus tôt sur Internet - c’est vous dire la gravité du danger potentiel !!!

Bref ! J’ai réussi à passer les diverses barrières d’entrée pour dialoguer 90 minutes avec Manuel Valls. Le débat était intéressant parce que je crois qu’il a mis au jour les deux grandes orientations actuelles possibles de la gauche. Etonnemment, Valls s’est montré moins droitier qu’à l’accoutumé, étant même disposé à quelques embardées lyriques sur la justice sociale. Cela n’a pas empêché le fond de ses convictions de s’exprimer sur les adaptations nécessaires de la gauche au libéralisme économique. Une perle pour illustrer : “le PS doit devenir le parti des entrepreneurs, parce que ce sont eux qui créent des richesses”. Je me suis donc permise de lui rappeler que c’étaient les salariés qui créaient les richesses, à commencer par les ouvriers et les employés… A part ça, il dit vouloir revaloriser la valeur travail ! J’ai senti une tentation de me mettre dans la case des protestataires qui ne veulent pas se mettre les mains dans le cambouis et ne sont donc bons qu’à faire la morale. C’est la raison pour laquelle je lui ai rappelé que j’étais en reponsabilité à Paris et que je plaidais pour une gauche de gauche capable d’être majoritaire dans le pays et donc de gouverner. Mais le pouvoir pour le pouvoir, sans projet susceptible de transformer la société, pas question. J’ai bien senti là, une fois encore, que le piège qui se tend devant nous d’une répartition des rôles à gauche - les uns contestent dans un cadre voué aux marges, les autres gèrent sur une ligne de renoncement - est extrêmement dangereux.

Je suis donc repartie regonflée pour que vive une nouvelle force à gauche…

Clémentine Autain

Pour info, voici mon texte paru vendredi dernier dans Libération et qui reprend le fond de mon intervention/débat face à Manuel Valls.

Qu’est-ce qu’une gauche moderne ?

La modernité à gauche, c’est partir de nos fondamentaux pour apporter des réponses neuves, adaptées au monde contemporain – et non se débarrasser de nos valeurs historiques pour mieux chavirer… à droite ! La quête d’égalité et d’émancipation n’a pas pris une ride face au capitalisme mondialisé, à la concurrence généralisée et au chacun pour soi. Des ruptures sont nécessaires pour s’opposer aux normes du marché, au capitalisme mondialisé qui conduit à tant de désastres humains et écologiques : à nous de les assumer. C’est bien le goût de la transformation sociale qui fait la saveur de la gauche, et non sa capacité à s’adapter à l’ordre existant.

Partager les richesses, les pouvoirs, les savoirs et les temps devrait être au cœur de notre discours. Nos réponses sonnent aujourd’hui comme un catalogue de propositions désarticulées : elles doivent à nouveau s’inscrire dans la durée, se porter sur tous les sujets et refléter une cohérence de projet dont les termes sont à revisiter. Une gauche moderne ne peut confondre tous égaux et tous les mêmes, la force de la solidarité et la dilution de l’individu dans le collectif, la passion de la mise en commun et la soumission à l’étatisme, la promotion du public et la fascination de l’administratif, les vertus de l’efficacité productive et du productivisme. Pour mener ce travail de fond, un renouvellement générationnel et culturel s’impose.

Commentaires

Commentaire de katia
Date: 17 septembre 2007, 16:32

>le débat sur l’université opposait la ministre, Valérie Pécresse, à la jeune syndicaliste Julie Coudry

ça serait quand même plus logique d’inviter Bruno Juillard, c’est quand même l’UNEF qui est le plus grand syndicat de France.

>En fait, la police les avait pris pour des manifestants anars.

ça c’est vraiment marrant ça
si les autres avaient la même dégaine que le jeune homme (Mikael je crois) qui a été pris par la gorge, ce qu’ils ont jamais vu les anars:)))) ou c’est le stress qui les a fait hallicuner:)

>J’ai réussi à passer les diverses barrières d’entrée pour dialoguer 90 minutes avec Manuel Valls.

j’ai dû mal à me rendre compte, vu que je passe très bien partout. en te voyant ils ont dû se dire : “tiens cette femme enceinte, elle n’est pas enceinte en fait, c’est une femme kamikadze avec des explosifs”

la gauche de la gauche n’a pas été répresentée, mais apparemment Olivier Besancenot a refusé de venir. Pourquoi alors? Parce que chacun joue son jeu je pense. Quant aux autres qui avaient la fête de l’Huma en même temps, on aurait pu les arranger en les invitant jeudi par exemple et pas samedi matin comme Braouezec. Il n’est pas venu d’ailleurs. Plein de gens ont été déçus.

En tous cas Clémentine, tu t’es très bien débrouillée. D’ailleurs Walls avait l’air stressé dès le départ. Quand on est vu ça on s’est dit :”c’est bon, elle va le manger!”

sur la valeur Travail c’était intéressant, on a vite vu la différence.

Walls a bien fait rire avec sa Chine, son Inde et sa Russie. La Russie avec 4 millions d’enfants abandonnés, l’Inde avec ses intouchables et la Chine avec les ouvriers qui bossent pour 20 euros par mois et vivent à 6 dans les baraques - c’est vraiment les exemples à suivre !!!

en ce qui concerne la sécurité et les bandes qui s’affronent, il a un peu raison, il faut voir la réalité en face. mais en même temps jouer la-dessus??? De toute façon les flics de partout - ça marche pas, on a vu ça aux Etats-Unis avec “la tolérance zéro”.

>Je suis donc repartie regonflée pour que vive une nouvelle force à gauche…

Bon courage alors. Les acteurs de la gauche de la gauche ont l’air un peu fâché. ça serait bien d’organiser une scéance de câlins gratuits:)))

Commentaire de ropib
Date: 17 septembre 2007, 17:29

Très bon texte auquel je veux bien souscrire.

C’est peut-être lassant pour une personne politique d’être pédagogique au point de répéter des choses qui vous semble peut-être comme allant de soi mais ça n’est quand même pas de la démagogie car nous sommes en période de propagande dure et la gauche est stigmatisée sur des choses qui ne correspondent à rien.

Accessoirement j’aime bien votre critique constructive des positions de Valls, plus pédagogiques que de dire “c’est un méchant de droite”.

Par rapport au “renouvellement générationnel” je me pose de nombreuses questions, et notamment celle-ci, ouverte: est-ce incontournable de se retrouver en face de problématiques générationnelles ? Est-ce que cela fait partie de l’architecture sociale humaine ?

Commentaire de patrick
Date: 17 septembre 2007, 17:38

Figurez-vous Clémentine que je ne suis point surpris par la dérive du journal Libération. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas pourquoi vous osez encore publier vos écris dans un tel journal.

Vous avez oublié qu’il a fait l’apologie du traité constitutionel, qu’il censure l’un de leur chroniqueur (pierre marcelle pour ne pas le citer), qu’il dénigre les gens de la gauche de la gauche….il est loin le temps des années 1970!

Lorsque vous aurez lu le petit bouquin de Pierre Rimbert (”Libération de Sartre à Rothschild”) vous comprendrez pourquoi je n’achète plus ce journal détenu par des capitaux extérieurs non indépendant et qui méprise la classe ouvrière.

La prochaine fois je serai heureux de voir un de vos textes publiés par libération dénonçant cela…mais je n’y crois plus.

Sachez bien que Libération n’est point un allié…et chaque fois que vous alliez (TF1,France2,France3,charlie….) promets moi de dénoncer, de critiquer ce système médiatique là….le seul politique à l’avoir critiquer c’est François Bayrou…c’est un comble cela!

Commentaire de makhno
Date: 17 septembre 2007, 18:15

C’est le type de débat où tout est cadré.

Les détenteurs de l’expression “démocratique” et médiatique excellent dans l’art de l’esbrouffe.

Combien de pseudo-débats où 95% des invités pensent la
même chose à quelques variantes près ?

Il y a toujours un ou deux “spécialistes” économiques au cas où dans les 5% restant surgirait une réflexion pertinente et remettant en cause la certitude de nos bien pensants.

Lecteur du Libé de la fin des années 70, je n’ai toujours pas de réponse à :

“Mais qu’est-ce qui fait que des gars comme July ont pu en une décade, se transformer en valet de pied de la Finance et du grand patronat ?”.

Du col Mao au Rotary club.

Commentaire de katia
Date: 17 septembre 2007, 18:55

à propos de ceux qui créent des richesses. Y en a ils délocalisent maintenant là où les gens disent rien et savent pas ce que c’est - les forums de Libération, le partage des richesses etc. et pourtant ils peuvent être dirigés par des communistes (La Chine) . En plus de ça y a pas de libertés individuelles chez eux.
Regarde, Clémentine, où est fabriqué ton téléphone portable. Les vetements, on en parle même pas.

Commentaire de may picqueray
Date: 18 septembre 2007, 12:32

En Chine ils “bénéficient” de ce qui existe en pire dans les régimes totalitaires et dans les régimes capitalistes.

La totale.

Commentaire de Contre-amiral feste
Date: 18 septembre 2007, 16:39

Vous n’êtes pas la gauche de transformation sociale clémentine, pour la bonne et simple raison qu’il n’y a pas d’action efficace sans une pensée qui la dirige, et qu’en ces derniers termes, la gauche de la gauche ne produit plus rien !

Un cri, quelques borborygmes, pour relayer la souffrance des précaires, au fond d’un café du 6ème arrondissement. Que vous reste t-il d’autre ?

Le problème premier de la gauche de la gauche, c’est la crédibilité idéologique, intellectuelle, politique. Vous vivez et surfez sur l’acquis symbolique, celui-ci réel, de vos prédécesseurs ; cette imposture finira bien par trouver son terme, vos résultats électoraux attestent pour partie de cet état de fait.

C’est la gauche de gouvernement qui seule aura transformé la société ! Auriez-vous oublié vos cours d’histoire ?

Je suis partisan d’une gauche républicaniste (pocock, petit…) qui coupe les ponts avec les données stériles de l’extrême gauche ! Vous étiez un propos, une pensée, l’extrémisme de gauche n’est plus qu’une marque, au même titre qu’un soda de supermarché !

Vous plombez la gauche, et ce ton péremptoire recouvrant un réel vide intellectuel et propositionel constitue désormais, coté alter, votre derniere vérité politique !

Postures et déclarations d’intentions, générosité de salon, la gauche qui avance et prend ses responsabilités n’a pas besoin de vous !

Remettez-vous à la lecture chers amis d’extrême gauche !

Commentaire de makhno
Date: 18 septembre 2007, 21:20

@contre amiral de mes fesses

“La gauche qui avance et prend ses responsabiltés”

Y faut diminuer ta consomma

Commentaire de makhno
Date: 18 septembre 2007, 21:31

@contre amiral de mes fesses

“La gauche qui avance et prend ses responsabilités”

Y faut diminuer ta consommation de champignons hallucinogènes…

C’est pas plutôt la gauche qui recule… Comment veux-tu, comment veux-tu que je t’……….

En parlant de lecture, je viens de relire “le Programme commun…”

Cà m’a fait ressortir mes vergetures.

Commentaire de Alain de Nantes
Date: 18 septembre 2007, 22:04

contre-amiral feste…

Si votre plumage se rapporte à votre ramage…beau est votre “socle idéologique” !

Si le peuple de gauche est dans la gadoue (gardons la m…. pour une éventuelle élévation du débat…), c’est bien parceque des dirigeants politiques de gadoue se sont accaparé “la gauche” en usant et en abusant de la gadoue politicienne, en contribuant à faire sombrer les principes essentiels de la démocratie républicaine dans la gadoue des “coups d’états permanents”, et c’est bien une faute politique grave qui plonge “la gauche institutionnelle” dans la gadoue minoritaire alors que le peuple, lui, reste fondamentalement et constitutionnellement “de gauche” !

Car ses attentes sont “de gauche”, justement, toutes celles que les éléphants du PS traitent avec le mépris , en les passant au même crible que celui des patrons voyous et des députés voleurs qui se font des cadeaux de voyous et de voleurs : la grille de crédibilité “made in LBO Management and C° think tank.”..

Ce que dit “la gauche du peuple”, c’est qu’il est temps non seulement de “résister” mais de “créer”, car les attentes existent, les forces existent et les compétences existent dans “le peuple de gauche”, mais aussi , ce qui est “attendu” en France l’est mondialement , et majoritairement, par des milliards d’êtres humains, même si “politiciennement”, ils sont dans la gadoue que la “mondialisation du marché ” leur verse avec un certain succés vu l’avance prise par par les voyous et les brigands de grand chemin sur la route de la mondialisation.

Commentaire de Erick
Date: 19 septembre 2007, 2:24

Peut-être, Clémentine, cette organisation du forum de Libé t’aura-t-il ouvert les yeux sur la réalité de ce journal, qui s’est vanté dans les années 1980 “d’avoir faire entrer le marché dans la gauche”.
Le comble, je trouve, c’est que tu continues à lire ce papelard alors qu’il a mené une guerre sans merci contre la France du “non” au Traité Constitutionnel Européen. Peut-être certains ont-ils encore dans la gorge l’édito, du lendemain du référendum, insultant et haineux de July qui vomissait sur une France “raciste” (ben voyons), refermée sur elle-même, archaïque, etc. .
July avait passé une année télévisuelle à faire du bourrage de crâne avec Christine Ockrent (la femme de notre actuel diplomate belliciste) dans France Europe Express. Je me souviens comment July avait été arrogant, parlant fort, de façon hautaine, à M.G. Buffet, à J.L. Mélenchon, aux tenants du”non”. Trop fort surement. Les français ne s’y sont pas laissés prendre.

Quant à l’actualité de la représentation médiatique de Libé, il était ironique de voir Laurent Joffrin dans l’émission “Mots Croisés” cette semaine, dans le camps dit “de gauche”. Entre une syndicaliste et la représentante de 60 000 000 de consomateurs, il a démontré avec brio par son absence et son manque de pertinence l’éloignement qu’il existe entre les gens de terrain et les journaleux opportunistes.

Pour ce qui est de la conception de la société selon Libération, je renvoie à une autre bouquin, “Les Nouveaux Chiens de Garde” de Serge Halimi.

Je comprends qu’il faille passer parles grands médias pour exister, Clémentine, mais nous sommes quelques uns à t’avoir souvent fait remarquer que tu citais souvent Libé, qui, vraiment, souffre d’un certain discrédit (ne parlons pas du Monde).

C’est un journal à jeter dans le caniveau, avec le rédacteur en chef, comme le chantait Renaud…

Ceci dit je prends acte de ton témoignage qui me laisse quand même pantois. Et je salue ton indignation qui t’a fait mettre cette photo très “parlante”. Merci. Vu que ce monde fonctionne en vase clos, l’information n’aurait peut-être pas filtré si des personnes comme toi ne la faisait pas circuler via leurs sites. Quand je vois ces crânes rasés malmener ce jeune homme, j’ai l’impression de voir un staff de gardiens de sécurité sarkozyste se la jouer héroïque face à la menace populaire. Aberration: c’est quand même un type de la Société des Lecteurs de Libé qu’ils traitent ainsi si je te comprends bien. Un journal qui a peur de sa société des lecteurs doit avoir bien des choses à se reprocher…

Hormis le Canard Enchaîné, l’Huma et un ou deux autres, je ne vois pas de journaux “libérés” des carcans de la finance…

@ Katia: entièrement d’accord avec toi sur Julie Coudry au lieu de Julliard… Elle incarne exactement l’ouverture au système capitaliste au nom du principe de réalité tel que le défend Libé…
Julie Coudry passe plus de temps à pourfendre l’UNEF dont “la raison d’être” selon elle “réside à l’extérieur du monde étudiant et du monde syndical”, ” réduits au au rôle de courroie de transmission de lignes définis sans eux, hors du monde étudiant”. On a compris le message: ces salauds de gauchiste contestent toujours le système, poussé par la C.G.T., le P.C.F, la L.C.R., etc.
En revanche, la Cé, la confédération étudiante de Julie Coudry, n’est en rien une courroie de transmission du patronnat dans les universités… Elle se veut “pragmatique”, aider à la professionalisation: c’est pourquoi elle était à l’université du…MEDEF en 2006 ! Pas cette année, puisqu’elle revendique le fait que c’est la Cé, et non une énorme révolte populaire des jeunes, qui a permis le retrait du CPE. La grosse tête, quoi.
Je ne savais pas qu’elle était pour l’autonomie des universités: là aussi merci clémentine. Je n’aurais quand même pas pensé que J. Coudry irait si loin dans le sens de la trahison.
Julie coudry contre Bruno Julliard, c’est un peu Manuel Valls contre Clémentine Autain…

@ Katia, encore: dire de la Chine que c’est un pays communiste constitue une falsification, que je ne t’impute pas, hein ! ;-) Effectivement, les drapeaux sont bien rouges, Mao est en photo partout, nos intellectuels ultralibéraux stygmatisent la monstruosité comuniste du régime, tandis que les gouvernements du monde entier ne rêvent que de passer des accords commerciaux avec l’Empire du Milieu…
Je suis communiste, et je ne me reconnais pas dans la Chine qui est un repoussoir. Toute une nomaklentura, tout un appareil d’apparachiks du parti, tiennent les rênes de ce pays-continent par la dictature pour lancer ce qui va probablement constituer l’économie de marché la plus importante du XXIème siècle. La bourse de Shangaïe va bientôt donner le “la” de la spéculation boursière mondiale, et les plus grandes entreprises sont invitées pour faire sous-traiter leurs produits par des gosses. Un immense capitalisme d’état qui protège ses gouvernants, mais qui ne repose plus sur la mondre doctrine communiste. Le drapeau, c’est ce qui permet aux gouvernants de maintenir l’appareil politique d’asservissement.
Et bien entendu, nos chroniqueurs médiatiques zélés ne manquent pas de fustiger “le communisme” chinois, comme si la Chine l’incarnait vraiment. Leurs protestations contre les atteintes aux droits de l’homme dans ce pays cache parfois certaines arrière-pensées.

@ Contre-amiral feste: c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, ce que tu dis là. Tu évacues la vraie question de la reconstruction d’une gauche d’alternative qui, par le biais de ses différentes composantes, présentent mille fois plus de propositions argumentées pour une société solidaire que ta “gauche républicaniste” (c’est dans le dico, ça ?) trop enclin à se démolir dans son propre parti, où le caviar parfume vos salons.
L’Histoire, avec un grand “H”, nous montre qu’il est difficile de construire une gauche radicale qui puisse accéder au gouvernement. L’echec des présidentielles, avec l’éparpillement abscon de la gauche alternative est à mon sens une étape. On ne peut pas aller plus vite que la musique, même si c’est notre devoir d’accélérer la cadence.
Alors, cher ami de la “gauche républicaniste”, ne t’inquiète pas pour nous, nous sommes nombreux à lire. A retrouver des fondamentaux marxistes par exemple, tout en lisant les nouvelles pistes que nombre de progressistes nous invitent à explorer.

@ ropib:
Tu as écrit: “Par rapport au “renouvellement générationnelâ€? je me pose de nombreuses questions, et notamment celle-ci, ouverte: est-ce incontournable de se retrouver en face de problématiques générationnelles ? Est-ce que cela fait partie de l’architecture sociale humaine ? “.

Je trouve ce que tu dis très pertinent. Cette question du renouvellement générationnel me trouble beaucoup aussi. Je suis encore jeune, et cette problématique n’a aucun sens pour moi.
Et là je serai plutôt “sévère” avec Clémentine. Il y en a marre de cette thématique, car il n’y a rien de plus obsolète que l’obsession du renouvellement générationnel. Le “jeunisme” en politique participe d’un effet de mode. Or, nous avons vu en Angleterre un “petit jeune” prendre en main le Parti Travailliste pour en faire un parti social-libéral qui ne libère en rien les démunis anglais du carcan de la misère et de l’exploitation. Tony Blair.
Ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on est “plus” progessiste qun(e) autre, et ta jeunesse, et ta fraicheur, tant vantée ici, ne sont pas des arguments politiques, mais des arguments d’affects. Moi aussi je t’aime beaucoup, mais quand je vois tes hésitations sur le combat à mener pour la mairie de Paris contre la Panaf’, je trouve ton dynamisme émoussé…

Que signifie le “renouvellement générationnel” ? Qu’il faut arrêter d’écouter nos “vieux” sous prétexte qu’ils seraient obsolètes ? Certains d’entre eux ne sont-ils pas les plus enthousiastes ? La jeunesse, c’est dans la tête ou dans le corps uniquement ? Les deux !

Il faudrait donc que tu précises ta pensée là-dessus car elle ne veut rien dire. S’il est question de changer le fonctionnement de la politique et des partis, je trouve la solution du renouvellement limite limite…
Tu veux arrêter avec certaines pratiques ? comment et avec quel respect de l’expérience d’autrui ?
Tu veux Devenir Calife à la place du Calife ?
Tu veux couper des têtes ?

Rama Yade aussi est jeune. C’est une “black canon” disent les journaux, un “vrai mannequin” qui incarne le renouvellement générationnel. C’est une ultralibérale qui transpire la haine contre la gauche alternative.

Le jeunisme n’est qu’une façade. Le renouvellement générationnel aussi. Il faut que les générations se brassent. Car ce qui importe, c’est la jeunesse des idées.

Commentaire de Camille , Paris
Date: 19 septembre 2007, 12:44

Clémentine,

Parfois je t’aime bien et parfois u m’énerves grave…

Tu n’aurais pas du aller à ce pseudo débat….

Un journal qui titre “Greoble capitale de la potlitique” alors que c’était la Courneuve ne vaut pas la peine qu’on se déplace pour participer à des débats tronqués et pipotés d’avance…

Toi qui promeus en tout cas le dépassement du PCF et la formation d’une force de transformation sociale, attention ou tu ets les pieds car cela ne sert en RIEN ta cause, voire cela la discrédite…

Camille…

Commentaire de Aymeric
Date: 19 septembre 2007, 13:05

Mouais être plus à gauche, être moins à droite repenser l’individu face au collectif, êter contre libéralisme promouvoir les partages des temps…

C’est joli mais je ne comprend rien du tout. C’est du flou artistique qui donne l’impression d’être très intelligent parce que l’on parle concept sauf que celà n’a aucune prise avec le réel.
Quelles propositions concrètes sur l’école, sur la lutte contre les accidents du travail, sur la gouverance des entreprises, sur le fonctionnement des institutions, sur les services publics (leur missions, leur définitions, le moyen de les faire fonctionner, pourquoi le public c’est mieux qu’un société privée à qui ont à délégué la mission de service publique), la santé (quel rôle des médecins, quel maillage du territoire, quelles solutions pour le fonctionnement du service des urgences…), quelle règles précises appliquer au marchés financiers (au delà de la simple incantation), quelle politique pour l’afrique…
Quelles propositions concrètes pour l’écologie (isolation des bâtiments, lutte contre l’effet de serre) , l’agriculture, une réforme ou non de l’anpe (et pourquoi), une sécurité sociale professionnelle (et qu’est ce qu’il y a derrière cette expression), des propositions sur la formation professionnelle continue, sur une réforme de la justice, sur l’armée…
J’en passe

C’est en parlant de sujets précis avec des analyses concrètes et des propositions applicables que l’on pourra discuter, contredire, approuver que s’incarneront ces concepts. Parce que là on reste dans le positionnement stratosphérique qui a peu d’intérêt.

Commentaire de Contre-amiral feste
Date: 19 septembre 2007, 14:03

Cher erick, les références du républicanisme sont dans mon post (rajoutez-y spitz,prof à la sorbonne il me semble…).

Le marxisme est une analyse, le communisme une barbarie manifeste, et votre retour à la pensée marxiste me fait mourir de rire… collectivisation des moyens de production…? A la vilaine plue-value !

La république (et le républicanisme) seule e propose de défendre l’individu, sa capacité de choix, son autonomie au sein de la société, c’est un libéralisme et un individualisme dont l’objet est de donner à chacun un ensemble de droit concrets aptes à le soustraire, autant qu’il est possible (Ah les micros pouvoirs…) à tout état de domination (au travail ou n’importe ou ailleurs…).

Enlevez à la démocratie les principes du droit républicain que reste t-il ? Pas grand chose !

Prenez la doctrine du parti socialiste, soustrayez lui les principes républicains, qu’en reste t-il ? Rien !

Le marxisme réduit l’individu à une classe, fige définitivement l’individu à une classe sociale ! Rien est figé ;a mobilité sociale et donc la défense des droits d’un individu à se déterminer lui-même au sein d’un groupe social, c’est ce que propose le républicanisme, lequel est un authentique libéralisme politique, apte à contrer le prêt-à-penser néo-libéral !

Communisme, marxisme, c’est le monde d’hier !

Commentaire de makhno
Date: 19 septembre 2007, 20:04

a l’agité du gouvernail

Va vomir ta bile plus loin.

Tes vannes à deux balles, tes reflexions de grandes surfaces, ta philosophie de comptoir, tes questions/réponses, réserve les pour tes clones.

Depuis les élections, je peux pas faire 100 mètres sans marcher dedans.

Commentaire de Erick
Date: 21 septembre 2007, 6:16

@ Contre-amiral feste
Le communisme une barbarie manifeste ? Les communistes français ont-ils été barbares ? Ont-ils été antirépublicains ? N’ont-ils pas été dans la résistance française, et n’est-ce pas Ambroise Croizat, un communiste, qui fonda la sécu ?

Tes lieux communs visant à mélanger les régimes totalitaires qui ont falsifié la pensée communisteet la pensée marxiste sont sinon vélléitaires, mais au moins pitoyables. On les entends chez n’importe quel crétin d’expert en bourrage de crâne à la télé.

Le marxisme propose une analyse toujours aussi pertinente de la société actuelle, d’autant plus que la mondialisation avait été prévue par ce cher Karl. Alors oui, il y a encore une lutte des classes, il y a une guerre contre les pauvres, il y a un fossé nord/sud. Autant de choses qui s’analysent par le biais d’une philosophie qui vise à l’émancipation des hommes.
Ce qui est archaïque, c’est l’exploitation et la misère, qui accable les pauvres depuisla plus haute antiquité.

Alors ta pensée “libérale” au sens américain du terme, je la crois erronnée en France, ridicule face à la réalité. Alors rigole autant que tu voudras, ton mépris te rend méprisable.

Et puisque tu parles de la Sorbonne, sans trop qu’on sache pourquoi, souviens-toi qu’en 68 les pavés volaient et qu’il se pourrait bien qu’un jour la colère populaire face à des personnes aussi creuses que toi t’en fasse ramasser un dans la tronche.

Maintenant, si on pouvait parler avec des gens sérieux, ce serait pas mal.

Commentaire de Contre-amiral feste
Date: 21 septembre 2007, 12:04

@ copain erick

Les cocos ont votés les pleins pouvoirs à Pétain(allo tonton staline), ensuite, il vous suffit de faire le compte des millions de morts du communisme à l’étranger (URSS, chine, cambodge, pérou, cuba, allemagne de l’est, europe de l’est…).

Quant à l’analyse marxiste(je n’ai pas dit autre chose), elle fait état de quelques vérités, oui ; mais le communisme c’est la juste application du marxisme ? Sacrée nouvelle !

Voilà, voilà…

Commentaire de katia
Date: 21 septembre 2007, 17:13

Les communistes français ont été fascinés par Staline et l’URSS à un moment donné. ça c’est connu.

@Contre-amiral feste “Les cocos ont votés les pleins pouvoirs à Pétain”, c’est pas faut ça. Ils attendaient voir ce que va faire le petit père du peuple.
c’est ça la vie.Plus je m’intéresse à l’histoire et à la politique - plus je suis dégoûtée.
moi personnellement entre la France des années 30 et l’URSS des années 30 je choisis la France des années 30. après tout dépend de ton statut, des tes origines etc. De tes rélations aussi. Par contre j’aurais préférée l’URSS des années 40 à la France des années 40 - moins de chances d’être déportée avec mon grand-père qui est juif. Voilà tout dépend de ce qu’on a et de ce qu’ont est.

Commentaire de Dartagnan
Date: 22 septembre 2007, 10:08

“Pour mener ce travail de fond, un renouvellement générationnel et culturel s’impose” écrivez vous. Une question: A partir de quel age vous coupez les tétes pour assurer le renouvellement générationnel….?D’autre part, pour “assurer le renouvellemnt générationnel” il faudrait que les jeunes se présentent aux élections ( législatives ou munipales par ex). Or, à la gauche du PS, on est toujours dans l’incantation, les bonnes résolutions, mais en se tenant bien à l’écart des élections….au moins pour ce qui des “tetes d’affiche”…;-)

Commentaire de Stéphane Parédé
Date: 23 septembre 2007, 8:13

La photo se passe de commentaire…!

Commentaire de Nadia
Date: 24 septembre 2007, 17:07

Bonjour,
je vous ai écouté avec grand intérêt lors du débat avec Valls à Grenoble : votre rappel aux valeurs quand lui défendait “avec verve” l’abandon des tabous, comme il a aimé dire, m’a fait le plus grand bien.Je n’aime pas cette gauche qui se dit décomplexée dès qu’elle tutoie le centre, les fondements d’une société au service du profit et qu’elle oublie le coeur de ce qui construit une identité et une culture de gauche.
Dans ce paysage triste, uniforme et formaté, la force de votre conviction a été pour moi comme un lac dans le désert.
Je n’ai personnellement jamais été une militante politique car je ne trouve pas, au niveau local (la gauche au pouvoir est à mon gout enfermée dans ce quelle nommerait “les contraintes de gestion”), ni au niveau national un endroit où je me sentirai à ma place.
A vous entendre, j’aurai aimé, si j’étais parisienne, vous apporter mon soutien…mais je ne le suis pas!
Je vais donc lire votre blog, en espérant rencontrer d’autres femmes en politique qui redonnent du sens au et à la politique.
Cordialement,
Nadia

Commentaire de renevier hubert
Date: 25 septembre 2007, 21:47

Clémentine (si je puis me permettre),
Vos convictions politiques sont très (très) loin des miennes et vos solutions mèneraient au totalitarisme. Pourtant je dois bien reconnaître que votre énergie (juvénile ?) à les défendre force le respect. Je ne peux m’empêcher de penser que votre travail est nécessaire à la démocratie. Dans ce sens je vous soutiens.
Cordialement,
HR

Commentaire de homemade
Date: 18 avril 2009, 11:40

Pourquoi ne pas mentionner les évènements inacceptables à l’entrée du forum dans votre compte-rendu publié dans Libé ?

Parceque sinon votre compte-rendu aurait été refusé et votre avenir politique compromi, car vous avez besoin de Libé pour parvenir au pouvoir, première faute politique.

Ca augure très mal de la gauche de la gauche, des débats ultra-sécuritaires anti-boules puantes, non?

Il y a des choses qu’il faut avoir le courage de refuser quand on se dit de gauche. Etre à gauche c’est d’abord et avant tout s’attacher aux libertés d’expressions de tous, et pas d’une petite élite parisienne loin du peuple.

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