Zizek or not Zizek ? / Les matins de France Culture
Bonjour,
Ci-dessous, ma deuxième chronique les Matins de France Culture… Je ne doute pas que ça va chatouiller le bloggeur alter ! Le débat est ouvert.
A très vite,
Clémentine Autain
Clicker ici pour écouter la matinale (et la chronique à 7h25)
C’est sur vos Matins, Ali Baddou, dès mardi dernier, que j’ai trouvé l’inspiration pour cette deuxième chronique qui touche, comme la précédente et la suivante, aux enjeux de liberté et de pouvoir. Certains seront peut-être étonnés que mon coup de sang ait pu se produire en entendant l’un des intellectuels les plus prisés dans la gauche radicale, Slavoj Zizek, qui était votre invité. Maniant Marx et Lacan, l’intellectuel slovène a de quoi séduire : sa verve a des accents de modernité (Cinéma, caca et Coca-Cola sont les exemples supports de ses analyses les plus jouissives du monde contemporain) et sa radicalité anticapitaliste est franchement bienvenue. Et pourtant, on peut s’interroger sur la portée politique de son propos, sur son apport réel pour ouvrir le champ des possibles.
Commençons par ce qui passe souvent à la trappe chez les commentateurs du philosophe. Zizek conteste la légitimité des nouvelles luttes - féminisme, anti-racisme, mouvements gays et lesbiens - parce que ces luttes seraient compatibles avec le capitalisme. Ces mobilisations pour la reconnaissance d’identités qu’il qualifie de « marginales » font naître, selon lui, des demandes éclatées qui dépolitiseraient nos sociétés et empêcheraient le retour, qu’il appelle de ses vœux, à la primauté de l’économique. Zizek déplore – je cite - « le renoncement à s’attaquer aux causes réelles (économiques, etc.) du racisme et du sexisme ». Comment ne pas lui objecter que la domination masculine ou le racisme mettent en jeu des dimensions symboliques qui ne trouvent pas leur seule source dans l’exploitation économique ? Par ailleurs, l’un des enjeux d’aujourd’hui pour la gauche de transformation sociale n’est-ce pas justement de faire vivre la cohérence entre tous les combats émancipateurs, et donc d’articuler l’antagonisme de classe avec les autres formes d’exploitation et de domination ? De créer du liant là où la pensée unique atomise, de « défataliser » en repolitisant, comme disait Pierre Bourdieu, pour entraîner tous les dominés et faire vivre ce que Jacques Bidet appelle « l’égaliberté ». Au lieu de bâtir ce nouvel imaginaire politique, Zizek affirme, comme tant d’autres avant lui dans l’histoire du mouvement ouvrier, que tout est soluble dans le Capital. Autrement dit, en avant la lutte des classes, et le reste, on verra après !
Est-ce que ce point de vue économique de Zizek est complété par une analyse d’ordre psychanalytique ?
Bien sûr ! Pour Zizek, les féministes qui veulent voir abolir le complexe d’Œdipe ne se rendent pas compte du danger que représente la remise en cause totale du patriarcat. Le philosophe nous dit, ouvrez les guillemets : « la désintégration de l’autorité symbolique publique (« patriarcale ») est payée (ou contrebalancée) par un « attachement passionné » à la sujétion parce qu’il manque un « Interdit symbolique intériorisé » - fin de citation. En clair : si on touche au patriarcat, se recréent de toute façon des relations dominants-dominés. Et de citer en exemple les couples de lesbiennes sado-masochistes et autres pratiques de type maîtres-esclaves. Car pour Zizek, la liberté excessive, le manque d’ordre, de repères sont nuisibles. Le philosophe estime que le capitalisme peut, lui, accepter une morale libertaire. On comprend donc que Zizek soit très critique au sujet de l’héritage de Mai 68 : « ça a été un spectacle, a-t-il déclaré dans un entretien au Monde, ajoutant : je déteste cette idée de l’explosion libératrice. Mon problème est celui-ci : le retour à l’ordre. » - fin de citation. L’appel à la valeur d’ordre dans la bouche d’un ami des altermondialistes, ça fait bizarre mais accompagné du mot « retour », ça fait carrément peur…
Sur cette antenne mardi dernier comme dans ses livres, Zizek fait l’éloge de la violence, plaide pour une réhabilitation de la Terreur et reviendrait bien à la dictature du prolétariat. « Notre tâche aujourd’hui est de réinventer une terreur émancipatrice », écrit-il dans son introduction aux discours de Robespierre. Eh oui, pour Zizek, « un peu d’autoritarisme peut aider à lutter contre le capitalisme »… C’est ainsi que l’intellectuel remet au goût du jour la vieille répartition, mortifère pour la gauche, entre « capitalisme, démocratie et liberté », d’une part ; « économie socialisée et autoritarisme », d’autre part. On aurait pu penser que les graves échecs des expériences dites socialistes en URSS, en Chine et ailleurs, suffisaient à invalider toute perspective de transformation sociale qui mépriserait les enjeux de liberté et de démocratie… Là , c’est raté. Au fond, Slavoj Zizek enferme la gauche alternative dans les impasses du XXe sècle. Si Zizek n’existait pas, les conservateurs aurait du l’inventer…
Posté le 3 mars 2008
Commentaires (39) |
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Commentaires
Commentaire de al1_2nant
Date: 3 mars 2008, 23:10
Ce qui poussa Marx à penser les contradictions du Capital, c’est bien je crois la recherche d’un mécanisme d’aliénation identifiable, et la perspective d’un processus possible d’émancipation de cette aliénation spécifique.
L’aliénation en général, çà n’existe pas…Mais il y a un algorithme d’aliénations , et sans doute un algorithme d’émancipations.
Il me semble bien que “le jeune Marx” existait encore dans “le vieux” !
Réduire aujourd’hui “le communisme” à une émancipation spécifiquement économique, c’est “invaginer” la pensée humaine ! (votre vétérinaire peut expliquer ce mot: il s’agit d’une occlusion intestinale).
Commentaire de Dominique FILIPPI
Date: 3 mars 2008, 23:19
Zizek a un homologue français…il s’appelle Olivier Besancenot…lui aussi fait l’impasse sur la complexité des processus de désaliénation….
Commentaire de frmwa
Date: 3 mars 2008, 23:58
Eh bien voilà au moins des questions intéressantes à débattre. Je suis content que tu ne sois pas partisane de cette terreur, du renoncement à la démocratie qui commence à rencontrer un certain engouement à la gauche de la gauche. Beaucoup de témoins de mai 68 ont évoqué cet ordre moral que se partageaient le gaullisme et le communisme de cette époque.
Ce qui est vrai c’est que qu’une large frange du mouvement gay et lesbien aspire simplement à être intégré dans la société telle qu’elle est, sans idée de “transformation sociale”. Viscéralement, la vieille droite s’y oppose mais il y a eu une révision idéologique à ce sujet, notamment le mea culpa au sujet du pacs.
De même, les différentes attitudes par rapport à la prostitution reflètent cette fracture entre les partisanes d’une intégration/reconnaisse économique (avec les droits qui y sont liées) et celles qui s’y opposent farouchement en invoquant des thèses qui sont souvent discutables et que l’on retrouve parfois aux côtés de mouvements moralistes réactionnaires pour demander “de l’ordre” justement par exemple, dans la diffusion de certains films, mais il y a d’autres thèmes, comme la préconisation de l’enseignement non mixte.
Bonne continuation, j’espère que tu vas pouvoir continuer à bosser là -bas après.
Commentaire de Claire Strime
Date: 4 mars 2008, 9:33
Le prochain référendum: Zizek ou Laclau (cf l’interview de Laclau dans Pagina 12 en 2005, que j’avais postée par ici).
Commentaire de Claire Strime
Date: 4 mars 2008, 9:37
non, je suis pas sure que vous ayez eu droit ici à cet anti-Zizek; eh ben voilà :
http://www.pagina12.com.ar/diario/suplementos/radar/9-2286-2005-06-09.html
Commentaire de Claire Strime
Date: 4 mars 2008, 9:39
On touche au coeur du problème non?
“El respondió a una entrevista diciendo que el problema de los Estados Unidos es que actúan como una potencia global y no piensan como una potencia global sino en términos de sus propios intereses. La solución serÃa, entonces, que pensaran y actuaran como potencia global, que asumieran su rol de gendarmes mundiales. Afirmar esto, para alguien como Zizek que viene de la tradición hegeliana, significa que los Estados Unidos tendrÃan que ser la clase universal.â€?
¿Es una búsqueda de un sujeto global?
–La función que Hegel atribuÃa al Estado y Marx al proletariado ahora Zizek espera que la cumpla el imperialismo americano. No hay ninguna base para pensar que las cosas vayan a ser de esa manera. Y no creo que ninguna causa progresista, en ningún lugar del mundo, pueda pensar en esos términos. Por otro lado, Zizek es un ultraizquierdista vociferante en lo que se refiere a la polÃtica mundial, obviamente en contradicción con estas posiciones de universalización del proyecto americano, pero al mismo tiempo es miembro del Partido Liberal-Democrático esloveno, que hasta hace unos pocos meses estaba en el poder, y que por supuesto ni remotamente es un partido de estas caracterÃsticas, ni siquiera socialista. Es como decÃa el MartÃn Fierro: “No hay como el peligro para despejar al mamaoâ€?.”
Commentaire de DiGeo
Date: 4 mars 2008, 10:14
Il me plait votre Zizou Zizek Clémentine. Pour moi c’est une découverte……..preuve de mon inculture politique!!
Quelqu’un qui répond de la manière suivante à une question fondamentale ne peut pas être mauvais!!
QUESTION: Si la démocratie libérale, ni le capitalisme global n’apportent les bonnes réponses. Quelle alternative ?
REPONSE: Je ne suis pas crétin, je ne rêve pas à un nouveau parti communiste. Ma position est plus tragique. Comme tout marxiste, j’admire la productivité incroyable du capitalisme et je ne sous-estime pas l’utilité des droits de l’homme.
Regardez le vénézuélien Chávez. On dit qu’il est populiste, démagogique, qu’il ne fait rien pour l’économie, que cela va mal finir. C’est peut-être vrai… Mais il est le seul à avoir inclu les pauvres des favelas dans un processus politique. Voilà pourquoi je le soutiens. Quand on critique sa tentation dictatoriale, on fait comme si, avant lui, il y avait une démocratie équilibrée. Or, c’est lui, et lui seul, qui a été le vecteur de la mobilisation populaire. Pour défendre ça, je pense qu’il a le droit d’utiliser l’appareil d’Etat - appelez cela la Terreur, si vous voulez.
Commentaire de Claire Strime
Date: 4 mars 2008, 10:45
Pour poursuivre sur le sujet, et comme les grands esprits se rencontrent au moins virtuellement, tu n’as rien inventé sur Zizek, Clémentine. D’ailleurs ce que tu écris ressemble fort à ça (sur http://patlotch.free.fr); étonnant non?
“Ce qui est en cause notamment -au-delà de considérations petites bourgeoises propres à l’entrée en crise prolétarienne des couches moyennes-, c’est le renversement du bolchévisme jacobin et de ses suites trotsko-staliniennes dans le démocratisme radical, avec des catégories et concepts critiques qui doivent plus aux Lumières et à Proudhon qu’à Marx. C’est le retournement du stalinisme sans le comprendre, en gros, comme ‘capitalisme d’Etat’. Le rejet de toute révolution, celui de ‘la dictature du prolétariat’, c’est celui du Grand Soir pensé comme Octobre17 et ses suites, en tant que révolution prolétarienne sans la saisir comme faite par le prolétariat russe ‘par subsidiarité’ pour une bourgeoisie défaillante, et classiquement comme celles des 18 et 19ème contre le féodalisme, ici la monarchie tsariste. De cette incompréhension perdure le blocage des héritiers de Trostky sur sa caractérisation de l’URSS comme ‘Etat ouvrier dégénéré’ et le recyclage opportuniste de son ‘programme de transition’ depuis son écriture en 1938 jusqu’au Manifeste de la LCR. De cette incompréhension relève la critique de Marx, fixé pour la circonstance au ‘marxisme’, par le négrisme et les envolées franco-transnationales de Moulier-Boutang et MultitudeS, avec leur européisme prétendu post-fédéral - Cohn Bendit en figure de prou -, resucé d’un occidentalisme des valeurs humanistes universelles (c’est un des points de passage théorique entre ‘ouistes’ et ‘nonistes’ de gôche au référundum sur le Traité constitutionnel européen TCE, un noeud franco-républicain où se retrouvent les partisans et les critiques de ‘la nation’ dépourvus en commun d’une pensée de l’Etat du capital, déficit que ne compensent ni Spinoza, ni Machiavel, ni Proudhon, ni Saint-Simon, ni Althusser, ni Nietzsche, ni Lacan, Foucault ou Deleuze, ni Rancière ou Zizek, ni Bihr et encore moins Onfray et autres professeurs de philosophie, de sociologie et d’économie, dans leurs sillonages ou sous mamelles de l’université*.”
Commentaire de Claire Strime
Date: 4 mars 2008, 10:54
+ exactement
Commentaire de Alex
Date: 4 mars 2008, 15:24
Bien d’accord avec le commentaire précédent pour dire que le clivage politique réel aujourd’hui en France n’est clairement plus entre PS et UMP, mais se fait en fonction de la question de l’UE, et donc de son positionnement face à l’Etat nation républicain.
PS UMP Modem d’un côté, pour mettre fin à cet Etat Nation républicain, avec ses valeurs et ses capacités de protection, au profit de la mondialisation libérale et de son cheval de troie : l’Europe.
De l’autre, un pôle de gauche de transformation et un pôle national pour une promotion de la protection et des valeurs authentiquement républicaines et sociales.
Commentaire de al1_2nant
Date: 4 mars 2008, 18:23
Je veux bien être pris comme “échantillon de peuple inculte”, mais dans mon “marxisme” à moi, ce que Marx a inventé, ce n’est pas “la classe ouvrière”, c’est “la fonction de chaque classe sociale”, les “rapports sociaux”, et finalement “l’essence de l’histoire”: la lutte des classes n’est que la manifestation dans une certaine fenêtre historique du “droit à l’existence de la personne humaine”:
L’expérience semble avoir été faite d’une lecture grossière de “la lutte des classes”: aujourd’hui on est devant la nécessité pour le peuple dans son entier, de se saisir du “droit à l’existence de la personne humaine”, car l’Histoire a avancé plus vite qu’on ne pouvait l’imaginer, mais de façon bien plus complexe aussi que l’on ne pouvait l’imaginer:
la “nouvelle classe ouvrière”, c’est “la personne humaine”, face à une “globalisation” de la logique capitaliste de “chosification” de la personne humaine:
c’est pourquoi, l’émancipation feminine est le modèle du combat “classe contre classe d’aujourd’hui” …Non ?
Commentaire de Claire Strime
Date: 4 mars 2008, 18:31
Après la récréation municipale, où c’est des alliances portnawak à tire-larigot, un véritable affrontement sur la question de fond de l’avenir de la France et de la République…
RDV dans 15 jours!
PS: heureuse de voir que Pat Lotch a 1 admirateur de +!!!
Commentaire de Dominique FILIPPI
Date: 5 mars 2008, 9:49
Zizek a un homologue français…il s’appelle Olivier Besancenot…lui aussi fait l’impasse sur la complexité des processus de désaliénation…. lui aussi n’est pas clair sur le binôme démocratie - liberté et transformation sociale…Si Besancenot n’existait pas, les conservateurs aurait du l’inventer… car il est par son refus dans les faits des compromis - au nom du rejet de la compromission -l’héritier des erreurs tragiques du mouvement ouvrier français aux XIXe et XXe siècles..et ce au nom d’une pseudo-modernité qui n’est qu’un avatar relooké- un de plus - de l’enfance du socialisme français par les médias du consensus…10 % des français se reconnaissent actuellement dans cette impasse stratégique…Bien plus peut-être demain …LA EST LE DRAME…Un PCF mort, une LCR immature et tenant à le rester -bientôt rebaptisée mais avec le même contenu idéologique et politique - une myriade de mouvements marginaux - alter, écolos, féministes au rayonnement souvent obscur - voilà l’état réel de la gauche de la gauche …ALORS JE POSE UNE QUESTION QU’A MON AVIS ON NE POURRA ELUDER LONGTEMPS…UN SEUL PARTI A GAUCHE OU LE MAINTIEN DE L’IMPASSE ACTUELLE ?
Commentaire de Dominique FILIPPI
Date: 5 mars 2008, 9:52
BIEN ENTENDU PS COMPRIS !!!!FF
Commentaire de frmwa
Date: 5 mars 2008, 11:35
@ Alex
un pôle de gauche de transformation et un pôle national pour une promotion de la protection et des valeurs authentiquement républicaines et sociales.
J’ai une idée: on pourrait appeler ça “national-socialisme”
Commentaire de Claire Strime
Date: 5 mars 2008, 11:42
Je sens qu’on va s’amuser à partir de dimanche soir…
“Delanoë répond à l’offre du Modem
Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a répondu au partenariat proposé la veille par Marielle de Sarnez pour les municipales en estimant que l’équipe du MoDem dans la capitale faisait preuve “d’un peu trop d’habileté tactique et de contradiction”.
“J’apprécie l’évolution de cette équipe MoDem de Paris. Simplement je constate que depuis des semaines je leur suggère la clarté et que c’est sous ma pression qu’ils évoluent un peu”, a déclaré M. Delanoë sur i-Télé.
“Je vois encore quand même un peu trop d’habileté tactique et de contradiction dans l’équipe MoDem Paris”, a-t-il ajouté faisant allusion à l’attitude de certaines têtes de liste, notamment Jean Peyrelevade dans le XVIe “qui dénigre notre ambition économique” ou Corinne Le Page, dans le XIIe, qui “dit des choses qui m’inquiètent” pour lutter contre la pollution automobile.
Hier soir, la candidate MoDem à la mairie de Paris a lancé lors d’un meeting: “nous sommes la seule offre politique nouvelle parce que nous acceptons de sortir de la guerre de tranchées d’un camp contre l’autre”. “Nous avons été plus proches de Bertrand Delanoë comme maire de Paris” que de son prédécesseur Jean Tiberi (UMP), avait-elle ajouté.
Source : AFP”
Commentaire de asse42
Date: 5 mars 2008, 17:52
Je crois que ce qui va se passer en 2008 à gauche sera fondamental pour l\’avenir. Il y aura deux congrès importants: Celui du PC et du PS. Ensuite nous pourrons nous positionner les uns et les autres sur ces nouvelles orientations.
C\’est pourquoi je crois que pour l\’instant nous nous basons sur les anciennes positions.
Je peux vous dire que le PS, par exemple, est à l\’aube de faire la révolution culturelle. Si nous parvenons à faire gagner ségolène Royal alors nous remettrons les militants et plus largement les citoyens au coeur du débat politique puisque partie prenante de la réflexion et de l\’action. Ce que vous encensez chez Chavez il faudra le réaliser en France! D\’une autre manière, avec une autre organisation mais il n\’est plus possible au XXI éme siécle de concevoir une vision politique sans y associer les citoyens.
Alors si ce PS là émerge je suis persuadé qu\’il rassemblera au-delà de son électorat moderne et retrouvera enfin sa vocation à être la voix du peuple pour le peuple. Par peuple j\’entends toutes les composantes de la société humaine de toutes les strates sociales. Le PS pourra réinventer alors le lien social et donner un désir d\’avenir au pays.
A partir de cette nouvelle donne les autres partis de gauche devront se positionner clairement. Pour ou contre la gauche? La gauche qui va des alters jusqu\’au centre bien sûr. Car ce que nous faisons sur le plan local nous devrons le faire sur le plan national et montrer que l\’on peut faire cohabiter ces tendances différentes en valorisant leurs compétences plutôt qu\’en exacerbant leurs différences. C\’est comme cela que la gauche pourra redevenir attractive.
Commentaire de robespierre
Date: 5 mars 2008, 18:44
vous tracassez pas
vous serez dans le premier wagon des tetes coupées
a bientot
Commentaire de Didier
Date: 5 mars 2008, 21:03
Les marxistes aiment bien tout mélanger dans le rapport de classes. Une origine “économique” aux problèmes de genre et d’identité sexuelle il fallait oser. Pourtant ce n’est pas original, tous les obsédés de Marx racontent ça depuis toujours.
De là à “articuler l’antagonisme de classe avec les autres formes d’exploitation et de domination”, il y a un pas que je ne franchirai pas.
Son antipathie pour ces combats (proche de celle de Soral quoi que Soral a des arguments plus sociologiques et recevables) vient peut-être de son histoire personnelle, et c’est là que tu as un problème Clémentine. Tu ne peux pas imposer tes propres représentations du monde à des millions de gens qui ont des cultures et des expériences différentes. Tu fais comme Zizek au fond : lui veut soumettre les rapports de couple aux rapports de production, toi tu veux une idéologie globalisante.
Ma propre expérience de l’ “anti-racisme” et du “féminisme” me fait avoir quelques réserves sur ce qu’on cherche à m’imposer par ces étiquettes.
J’avais idée que le féminisme consistait pour les femmes à prendre leur destin en main. Au lieu de cela, c’est un argument pour prétendre qu’on a “du travailler 2 fois plus dur quand on est une femme” (invérifiable) et ne jamais reconnaître aucune responsabilité dans ses relations affectives (puisque victime).
J’ai lu sur ce blog la proposition d’une loi pénale contre les maris violents. “Surveiller et punir” comme dirait Jean-Marie ?
Commentaire de Jennifer
Date: 5 mars 2008, 22:25
@Dominique Filipi
C’est absolument faux de dire que Zizek a son homologue français en Besancenot. La LCR même si on peut lui reprocher bien des choses et en particulier celles que souligne Clémentine: son sectarisme (eux seuls ont raison et l’unité ne peut se faire que sur leur programme) et son rejet des institutions, a toujours soutenu les luttes féministes et anti racistes. On ne peut pas dire n’importe quoi ou alors il faut le prouver
Commentaire de Jennifer
Date: 5 mars 2008, 22:41
en réponse à frmwa:
Tu dis qu’une large frange du mouvement gay et lesbien cherche l’intégration. Je dirais différemment, une large frange de la “population” gay et lesbienne. A savoir “mouvement” laisse supposer que ce sont des militants pour les droits des gays et lesbiennes, c’est comme si tu disais, une majorité des femmes ou des noirs, ou des handicappés etc… veulent l’intégration. Heureusement qu’ils aspirent à être traités égalitairement et veulent être intégrés. Cela n’empêche qu’ils soient discriminés sur la base de leur orientation sexuelle, de leur couleur, de leur sexe. Et parmi eux il y a des militants pour défendre leur cause, qui s’engagent dans la lutte contre les valeurs rétrogrades, désuètes d’une société machiste, raciste, normative. De ce point de vue-là leur lutte est exemplaire et porteuse d’une dynamique anti institutionnelle et anti capitaliste progressiste.
Commentaire de Jennifer
Date: 5 mars 2008, 22:46
@Dominique Filippi
Ma réponse ci dessus était en fonction de ton premier post tronqué. Je trouvais qu’on ne pouvait pas affirmer cela juste par une phrase sans démontrer sur Besancenot. Tu as donc expliqué mais je maintiens mon point de vue car tes critiques sont injustes et injustifiées. Renseigne toi mieux sur la LCR. Enfin à moins qu’ils aient vraiment changé depuis que je m’intéressais à eux!!
Commentaire de Pierre
Date: 6 mars 2008, 0:19
Chère Clémentine,
vous pensez - naïvement selon moi - qu’un libéralisme culturel est politique est possible sans un libéralisme économique. Hors chaque fois que le libéralisme des moeurs progresse, il trouve des “débouchés” dans les libéralisme économique, et réciproquement. C’est une réalité indéniable et elle me plonge dans un profond désarroi devant le paysage politique français : la droite est porteuse du libéralisme économique, et la gauche (jusqu’à l’extrême gauche) est porteuse d’un libéralisme politique et culturel : plus de “droits” pour les sans papiers, les homos (que je me refuse d’appeler “gays”), et autres minorités…
Hors le contraire de la logique libérale ça n’est pas forcément le totalitarisme, ça peut être une société où la Common Decency n’a pas disparu. Je vous renvoie à la lecture du fabuleux Michéa, dont mon commentaire n’est qu’un reader digest indigent.
Commentaire de DiGeo
Date: 6 mars 2008, 9:05
Appel à signature pour création d\’un parti politique.
Commentaire de MLF
Date: 6 mars 2008, 10:56
“Ah l’ouverture des champs du possible “.
Si déjà le voisin robert pouvait ouvrir son champ au cheval de mes parents , ce serait un progrès important pour le village .
Commentaire de rébus
Date: 7 mars 2008, 5:16
Les valeurs républicaines et la gauche ne sont pas incompatibles, leur alliance ne fait pas de vous un souverrainiste ou un national socialiste, c\\\’est un peu cliché, Frmwa .
A l\\\’heure actuelle, les états sont trop faible spour lutter contre la mondialisation (enfin faible au sens politique et poids politique pas au sens répressif et policier malheureusement.
Comme disait, à peu près, Hugo, ne pas confondre nation et nationalisme.
Commentaire de Claire Strime
Date: 7 mars 2008, 10:16
(je retrouve plus l’article de soutien de Rocard à Parisot…)
Le PS, que ce soit ségolène, aubry, delanoë c’est cuit, ça sera juste du”parisotisme social”…restera plus à Fafa et Méluche qu’à choisir.
Commentaire de Claire Strime
Date: 7 mars 2008, 10:26
“¿Es una búsqueda de un sujeto global?
–La función que Hegel atribuÃa al Estado y Marx al proletariado ahora Zizek espera que la cumpla el imperialismo americano.”(Laclau)
On peut se demander si par ici certain(e)s n’ont pas trouvé leur nouveau “sujet global” chez les antiracistes, les féministes, les écolos (en oubliant qu’ils ne sont ni objectivement ni spontanément anticapitalistes). L’héritage religieux du christianisme eschatologique et du stalinisme ou il suffit de remplacer le Prolétariat par autre chose…
Commentaire de MLF
Date: 7 mars 2008, 11:25
juste une indication clémentine .
La dictature du prolétariat n’a jamais existé .
C’est une invention des historiens du régime bolchévique pour masquer la dictature d’une petite caste intellectuelle sur le prolétariat urbain et campagnard .
Subterfuge relayé par les occidentaux .
” le communisme auquel nous aspirions suppose qu’il y ait la liberté individuelle , l’égalité , l’autogestion , l’initiative , la création , l’abondance…” Nous avons eu la possibilité et avons essayé de construire une société sur des principes libertaires de non- violence , mais les bolcheviks ne nous ont pas permis de le réaliser .Ils ont transformé la lutte des idées en lutte contre les hommes .
Tout l’appareil étatique sous Nicolas II , haï par le peuple , avec ses fonctionnaires et ses prisons ( dont la fameuse Shapalernaïa , sa police politique l’ Okhrana , non seulement n’a pas été liquidé , mais seulement réorganisé .
Les bolchevicks ont proclamé la violence comme leur seul droit .
Les fondements de la société que les bolcheviks- communistes ont instaurés , après avoir éliminé tous les autres partis et tous concurrents , n’ont rien de commun avec le communisme.
Leurs expérimentations n’auront pas de fin , ils se coopteront entre gens du même acabit , le pouvoir se répandra par génération de démagogues et dictateurs irresponsables .ils règneront , et , au moyen des prisons et de contraintes , ils obligeront les travailleurs à s’échiner pour un verre de lait caillé …Ils détruiront tout et élimineront tous ceux qui ne seront pas au gré du parti ou en accord idéologiquement. Les gens ne penseront plus qu’à survivre dans des conditions de soumission et d’anéantissement .
Le renforcement du pouvoir amènera inéluctablement à la rupture complète tant morale que d’idées entre le personnel de commandement et les travailleurs camarades .”
Makhno Nestor avril 1917
Inquiètant en effet ce Zizek qui semble n’avoir rien retenu des leçons de l’histoire .
Commentaire de Dominique FILIPPI
Date: 7 mars 2008, 12:19
@Jennifer
Je ne pense pas que mes critiques soient injustes car effectivement si la LCR - à l’époque groupusculaire puisque tu sembles faire référence à une époque assez lointaine - a été bien plus en phase que le reste de la gauche avec les nouvelles aspirations de la deuxième moitié du XXe siècle notamment le féminisme..ce qui explique sans doute ton attirance passé pour cette organisation…il n’en demeure pas moins que l’essentiel demeure son sectarisme et qu’ACTUELLEMENT c’est plus le vide sidéral du reste de la gauche que son combat pour le féminisme qui attire sur elle les projecteurs…
Commentaire de Claire Strime
Date: 7 mars 2008, 15:26
“Par peuple j\’entends toutes les composantes de la société humaine de toutes les strates sociales. Le PS pourra réinventer alors le lien social et donner un désir d\’avenir au pays.” (asse42)
même les péronistes n’allaient pas aussi loin je crois…ils excuaient l’oligarchie du concept de peuple si mes souvenirs sont exacts
Commentaire de Claire Strime
Date: 7 mars 2008, 15:29
J’ai demandé à Evita…
http://www.lsdrevista.net/articulos/LSD3/sueltos/LSD3-Savio.pdf
Commentaire de Robespierre
Date: 7 mars 2008, 16:45
\”Inquiètant en effet ce Zizek qui semble n’avoir rien retenu des leçons de l’histoire “.
Si vous preniez la peine de lire Zizek vous eviteriez de vehiculer des inepties. la “dictature du prolétariat” est pour lui une provocation, une façon de dire :ou est le proletariat ?
Il est affligeant de voir ici, l’intelligence sans frontière de slavoj, lu et traduit en de multiples langues comparée au bouffon-poupon produit par les medias pour les distraire.
la comparaison avec Soral est moins absurde, ils ont quelques analyses en commun,mais Soral se coince volontairement dans le concept de Nation.
Enfin,il n’y rien d’inquietant chez Zizek,il ne se pose ni en maitre ni en leader, il offre des outils pour reflechir.Bien sur, ceux qui attendent qu’on leur montre un chemin sont décus.
Commentaire de MLF
Date: 8 mars 2008, 8:42
A propos encore du féminisme .
On peut très bien être une militante féministe comme moi-même et aimer néanmoins être soumise . Avec mes différents partenaires sexuels , j\’aime par exemple la position dîte en levrette , pratiquer la fellation ou même à l\’occasion la sodomie . J\’aime être aussi sur mon partenaire . Cela ne m\’empêche pas d\’être pour l\’avortement , la contraception , le respect des droits de la femme , la parité ect , ect ….
Commentaire de Robespierre
Date: 8 mars 2008, 20:43
http://video.rap.prd.fr/paris1/chspm/Conference_Sorbonne_nov2007_Zizec_Marx_360×288_CBR.asx
Commentaire de millepin
Date: 11 mars 2008, 19:31
Oula, oula… MLF nous apprend qu’elle peut parfois être soumise.
Pourquoi parfois ?
Quand on se revendique Ségolénomaniaque, çà ne peut être que chronique.
Commentaire de vivretpensercommedesporcs
Date: 19 mars 2008, 0:25
Marche po ton lien Robespierrot
Commentaire de Félix Boggio
Date: 4 octobre 2008, 16:57
Une modeste contribution à propos de Zizek et Badiou, pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin que ce billet simplificateur :
http://quefaire.lautre.net/articles/09zizekbadiou.html
Ce que Autain ne comprend pas, c’est que Zizek n’a jamais dit que les féministes ont tort de critiquer le patriarcat, ou que les antiracistes ont tort de combattre le racisme. Zizek s’oppose à la conception réformiste de la démocratie radicale : il n’y a pas de progrès graduel vers une démocratie “jusqu’au bout”, passant par la déconstruction des normes et l’intégration de minorités dans le processus démoratique. Zizek est un philosophe de la rupture universaliste : la catégorie du prolétariat chez lui s’apparente bien plus à celle du jeune Marx qu’à une définition économiste. Le prolétariat est une catégorie d’exclus qui n’ont pas d’intérêts particuliers à défendre, pas d’identité, c’est ce qui rend leur revendication universelle : le prolétariat abolit les classes sociales parce qu’il ne peut exercer aucune domination.
Cela explique aussi pourquoi Zizek critique les politiques identitaires : défendre les intérêts des femmes, ceux des immigrés, etc… Pour lui, un véritable “événement” a lieu quand précisément les opprimés mettent en avant des revendications universelles du fait de leur exclusion absolue. Dans mon article ci-dessus, j’ai essayé de montrer le lien entre hégémonie, acteurs multiples et dictature du prolétariat.
Encore une chose : Zizek ne défend pas le retour à l’ordre moral, puisque pour lui loi et transgression sont les deux faces de la même pièce (c’est - du reste - ce qu’il ne cesse de répéter). Zizek cherche à définir le collectif post-révolutionnaire d’une façon novatrice et stimulante, à partir de travaux comme ceux de Walter Benjamin, Gilles Deleuze ou Jacques Lacan. On peut le critiquer, mais l’apparenter à une conservateur, à un réac, ou à un stalinien, c’est se tromper lourdement.
Commentaire de adonis
Date: 3 mars 2008, 22:27
Bonsoir Clémentine, j’espère que vous allez bien….. Je m’excuse, je vais être hors sujet, cela concerne les municipales: L’ÉLECTORAT DE GAUCHE DOIT RESTER MOBILISÉ POUR LE 9 MARS, NE SURTOUT PAS CROIRE QUE LA VICTOIRE DE LA GAUCHE EST ACQUISE POUR LES MUNICIPALES….. DONC POUR LE 9 MARS, AUCUNE VOIX NE DOIT MANQUER, IL NOUS FAUT SANCTIONNER LA POLITIQUE DE NICOLAS SARKOZY….. SI LA VICTOIRE DE LA GAUCHE N’EST PAS LARGE, LE PEUPLE FRANÇAIS AURAS DROIT À UN PLAN DE RIGUEUR!