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A Londres, commerces et art critique

Veinarde que je suis, je suis partie m’aérer trois jours à Londres. A part pour le Forum social européen qui s’était déroulé à Londres il y a quelques années, où j’avais passé deux jours mais sans avoir réellement le temps de me balader dans la ville, je n’avais pas mis les pieds à Londres depuis plus de quinze ans. A vrai dire, j’ai été absolument estomaquée par le caractère “grand centre commercial” de la capitale britannique d’aujourd’hui - sans doute à l’instar des autres capitales européennes. Le consumérisme prend une place de plus en plus hallucinante, trusté par des grandes chaînes de marques qui colonisent les rues et donnent le sentiment d’être partout dans ces grandes villes occidentales au même endroit. J’ai marché des heures et des heures dans Londres et c’est ce qui m’a le plus frappée. Paris est également le lieu de tous ces commerces mais, sans doute, l’habitude d’y circuler m’empêche de voir cette évidence : la place du monde marchand dans la ville. Ceci dit, j’ai vu une expo qui m’a bouleversée. C’est à la Saatchi Gallery qui met à l’honneur jusqu’au 9 mai le Moyen-Orient. Des artistes contemporains s’y exposent.  Je suis repartie avec le livre de ces oeuvres d’art critiques et même, pour l’essentiel, très politiques.  Je n’arrive pas à attraper des images pour les mettre sur ce blog. Mais voici un lien où vous trouverez une galerie de ces oeuvres : http://www.lexpress.fr/diaporama/diapo-photo/culture/art-plastique/l-art-du-moyen-orient_743486.html. Je vous invite à cliquer notamment sur les images 7 et 8.  Kader Attia, un algérien de 39 ans, exposent une foule de musulmans qui prient. Je ne sais pas ce que vous évoquera l’image mais, dans l’expo, c’est extrêmement fort. Quant à Shadi Ghadirian, une iranienne de 35 ans, ses images de femmes voilées dont le visage est un gant de vaisselle, un balai ou un fer à repasser, je suis restée scotchée devant. Je suis tout sauf une critique d’art contemporain, vraiment ! Mais j’ai été très impressionnée. La guerre, le terrorisme, l’oppression des femmes… sont là évoqués avec talent et intelligence par des artistes du monde arabe. Ca vaut le coup d’oeil.

Clémentine Autain

Ajout du dimanche soir : les images ! 

Kader Attia Ghosts

Shadi Ghadirian Vous pouvez retrouver l’expo sur le site de la Saatchi Gallery 

Commentaires

Commentaire de frmwa
Date: 25 avril 2009, 17:24

Ah, je me disais bien que c’était un peu mou son intervention sur les jeunes à France Culture. Clémentine préparait le supplément voyage de son blog.
Oui, Londres est marchande peut-être mais cosmopolite à coup sûr, ce qu’on appelle “une ville-monde” , plus que Paris sans doute et son mythique périphérique. Cette évolution apparaît bien en arrière-fond du roman de Hanif Kureishi (l’auteur entre autres de “My beautiful Launderette” et président du jury cannois cette année) “Quelque chose à te dire”.

Mais c’est très bien de sortir de l’Hexagone et de découvrir l’Europe en laquelle une forte proportion de Français (si l’on en croit un récent sondage) fonde des espoirs par rapport à la crise.

Commentaire de katia
Date: 25 avril 2009, 17:28

>Paris est également le lieu de tous ces commerces mais, sans doute, l’habitude d’y circuler m’empêche de voir cette évidence :

ben non Clémentine. Ce n’est pas tout Paris qui est comme ça. Je monte à Paris pratiquement tous les mois mais je serais incapable de te dire ou se trouvent les centres commerciaux, où il faut aller pour s’acheter des fringues.
la goutte d’or, ménilmontant, saint-denis ne ressemblent pas trop à un centre commercial. Chacun son Paris.

Commentaire de frmwa
Date: 25 avril 2009, 17:41

Rectification : Hanif Kureishi sera membre du jury mais ne le présidera pas. C’est à Isabelle Huppert qu’échoit cet honneur.

Commentaire de dominique jacques
Date: 25 avril 2009, 19:28

Alors comme cela

Tu t’envatures à Nîmes, presque sur mes arpions,
rien qu’à la Bourse, tu manques pas d’air,

cet aprèm c’était congrès de la cégète
avec une nouvelle secrétaire adjointe

de Saint Chaptes et curieuse
d’un loup de Sainte Anastasie, de Nadja

bien tu connais ces cousins de province
du Vert de terre anti Frêche

de ces dents qui reillent le parquet
de la langue de bois, de cet soif d’institution

si tu me promets de ne pas tomber
si tu fais le pas sans sombrer

je serai là
avec ma nouvelle

aujourd’hui
secrétaire CGT

Promis quand même…

Domino

Commentaire de Bimbo
Date: 25 avril 2009, 21:32

Effectivement, ça vaut le coup d’oeil…

Dites, Clémentine, ils sont toujours gratuits les musées de Londres ?

Les fantômes me rappellent quelque chose…
je ne sais plus quoi.

Sur l’aspect mondialo-commercial des grandes villes, oui Clémentine, c’est tout à fait exact, ça fait d’ailleurs un moment…
et quelque chose me dit que ça va pas s’arrêter comme ça…
c’est bizarre, mais ça passe par la télé…
m’enfin…

“Kill your television” chantait Ned’s Atomic Dustbin, un groupe anglais…
je ne sais pas s’ils étaient de Londres…
mais ce n’était pas très commercial.

Commentaire de Didier Vignolles
Date: 26 avril 2009, 6:00

Il semble que le lien soit celui-ci :
http://www.lexpress.fr/diaporama/diapo-photo/culture/art-plastique/l-art-du-moyen-orient_743486.html

Au 5 mai à Nîmes

Commentaire de Marie
Date: 26 avril 2009, 11:51

Chère Clémentine vous allez vous rendre (ou peut-être avez-vous déjà enregistré l’émission) dans le show de Bellatar qui est d’une misogynie sans pareille, j’espère que vous lui en toucherez 2 mots.

Ici un doc humoristique ou vous apparaissez :

http://frenchcarcan.com/2009/03/07/la-femme-notre-amie/

Commentaire de tchikoito
Date: 26 avril 2009, 21:08

L’étude d’un “texte” littéraire
1. Le travail demandé
L’étude d’un texte littéraire porte sur un texte littéraire d’une vingtaine de lignes ou de vers.
Il a pour objet l’analyse des procédés mis en oeuvre par l’écrivain pour
exprimer un sentiment ou une idée avec la sensibilité et la culture qui lui appartiennent
en propre.
Avant même de chercher à répondre aux questions posées, il est bon de soumettre le texte à
un questionnement méthodique pour qu’il livre toutes ses richesses : il s’agit d’en faire
l’étude linéaire et littéraire.
Questions à se poser systématiquement :
• Quel est le thème du texte ? Peut-il être mis en relation avec l’oeuvre dont le texte est
extrait, avec le titre de l’oeuvre, avec l’auteur, avec l’époque ?
• Quel est son type (argumentatif, narratif, descriptif…) ?
• Quelle est sa tonalité (comique, tragique, lyrique, pathétique, ironique, épique…) ?
• Quel est son intérêt (historique, philosophique, sociologique…) ?
• Quelles résonances éveille-t-il chez le lecteur (émotion, intérêt, passion, réflexion,
interrogation…) ?
2. Première partie : Observer un texte
Les questions de repérage attirent l’attention du candidat sur les particularités du texte et
permettent au correcteur de vérifier ses connaissances. Elles appellent des réponses brèves
mais rédigées et justifiées.
Les questions portent sur la structure, le lexique, les connotations, la syntaxe, la grammaire,
les figures de rhétorique, le rythme…, quel que soit le type de texte.
Elles peuvent également porter sur des points précis liés à la spécificité d’un texte
littéraire :
• la versification pour les poèmes,
• le point de vue (focalisations) pour les textes narratifs,
• l’art du portrait pour les textes descriptifs,
• la vivacité des répliques dans un dialogue dramatique…
3. Deuxième partie : Analyser un texte
Les questions de la seconde partie demandent d’interpréter ou de commenter le texte à
étudier.
Cette partie de l’épreuve vise à susciter une réflexion personnelle sur un texte ou sur
un de ses aspects en vous appelant à apprécier certaines caractéristiques, comme :
• sa tonalité, son style,
• sa valeur symbolique,
• la vision du monde qu’il propose…
Ces questions exigent une interprétation motivée du texte, et appellent la rédaction de
développement composés et justifiés.
Définition :
Interprétation
Action d’interpréter quelque chose, de lui donner un sens (syn : explication,
commentaire) : faire l’interprétation d’un texte, d’une oeuvre.
Chercher à rendre compréhensible quelque chose, le traduire, lui donner un sens :
Interpréter un rêve, une loi. © Larousse 1996

pistes

http://fr.wikipedia.org/wiki/Baudrillard

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nasreddine

http://tchikoito.free.fr/…./chapitre_4/Ophiuchus.html

Commentaire de Bimbo
Date: 26 avril 2009, 22:03

Et puis c’est encore mieux sur le site de la Saatchi Gallery.
Je n’ai eu le temps de regarder que le travail de Diana El-Hadid sur la tour de Brueghelo-Babel… renversant.
J’aime beaucoup, je retournerai voir les autres.

La photo que vous avez mise en ligne de Shadi Ghadirian est mieux que celle qu’on pouvait voir sur le site de l’Express.
Le cadrage décentré renforce le fait que de cette “femme” on ne peut voir finalement que des “accessoires”…
une “femme-accessoire” dans une société qui n’est pas “centrée” sur elle…
et comme dans l’oeuvre de Kader Attia, l’idée du fantôme, de l’invisible…
mais un invisible “figuratif”, ce qui n’est pas si traditionnel…
les “choses” sont représentées mais sans être directement représentées dans la mesure où elles représentent autre chose qu’elles-même.
Ce qu’on voit est ce qu’on imagine voir…
ce qu’on imagine est ce qu’on voit…

(Stiegler ne va pas être content avec tous ces “on”…
mais b-on…)

Au fait Clémentine, vous êtes sûre que vous êtes vraiment tout sauf une critique d’art ?

Parce que ça fait quand même beaucoup.
:)

Commentaire de Digeo
Date: 27 avril 2009, 9:04

http://medias.lepost.fr/ill/2009/04/27/h-20-1511811-1240816699.gif

Commentaire de jpa
Date: 27 avril 2009, 11:41

excellentissime
bravo clementine c’est comme ca qu’on t’aime
Emancipation!!
tout un travail a faire dans le cadre d’une extreme gauche absolument conformiste, victimaire, essentialiste, qui fait peur, a la limite.

Commentaire de A-C
Date: 27 avril 2009, 13:48

C’est bien d’avoir des postures, “la place du monde marchand dans la ville” mais la ville existe JUSTEMENT pour que l’on puisse commercer au sens large.
L’Europe est sortie de l’economie des clairieres de l’an 1000 suite au changement climatique qui a permis de degager des surplus agricoles, qui ont ete vendus sur les places des villes d’abord en Flandre et en Hanse. Apres, si tu resumes une ville aussi etendue que Londres a la Oxford Street, c’est sur que tu te crois rue de Rennes !

Un VRAI point qui frappe a Londres : la progression des pulsions interventionnistes et ultra etatistes : video surveillance hallucinante, nationalisation des banques. Heureusement ils partent de bas et de loin, Thatcher a quand meme bien nettoyé le terrain pendant les annees 80 donc c’est pas de sitot que les citoyens brits se verront OBLIGéS d’avoir une carte nationale d’identite comme en France.

Commentaire de Bimbo
Date: 27 avril 2009, 19:38

… et là, je suis allée jusqu’à Ali Banisadr, super coloriste et compositions très intéressantes…
c’est fou le nombre de citations d’artistes occidentaux dans les travaux que j’ai vu jusqu’à présent…
Breughel, Bacon, Guston, Goya, Ernst, De Chirico, Richter, Tanguy, Miro, Da Vinci…, j’en passe… et Bosch, évidemment, en ce qui concerne Ali Banisadr.
C’est dans le cas de ce dernier que je regrette le plus de ne pas avoir vu les originaux…
il semble qu’il y ait de quoi “bien délirer”…
et là, on devine plus qu’on ne voit.

Commentaire de Bimbo
Date: 1 mai 2009, 21:10

J’ai fini la visite virtuelle de l’exposition…
Nous n’avons pas les mêmes goût (ce qui n’est pas surprenant), je ne suis pas trop restée scotchée devant les photos de Shadi Ghadirian (au passage, vous avez, peut-être involontairement, “améliorer” la photo en la coupant sur le blog…
Il y a beaucoup d’artistes dans l’expo dont les oeuvres “parlent” des femmes…
et finalement, comme c’est le cas avec les oeuvres de Shadi Ghadirian, “je n’entends” pas les femmes dont on “parle”…
Je comprends le “message” très (trop ?) clair sur leur aliénation…
mais je me demande si les oeuvres ne perpétuent pas cette invisibilité des femmes autant qu’elles la dénoncent.
Son autre travail, plus “gaguesque” (relatif à “gag”) ne montre pas plus les femmes iraniennes d’aujourd’hui (forcément)…
J’en viens presque, vu que Shadi Ghadirian est une femme iranienne d’aujourd’hui, à regretter qu’elle n’ait pas tout simplement “parlé” d’elle-même…
alors que, pourtant, Dieu sait comme le nombrilisme artistique (l’une des “7 plaies d’Egypte” de l’art contemporain) est contraire à ma religion artistique.

:)

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