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2009, lourd bilan pour les services publics

Les fins d’années sont toujours propices aux bilans. Ce matin, je voudrais évoquer celui des services publics. En effet, l’année 2009 aura contribué chèrement à la mise en œuvre de la promesse du candidat Sarkozy en 2007 qui proposait, selon un vocable bien pervers, de « moderniser » le service public. En clair : de lui imposer un régime minceur et d’y importer les normes du monde marchand. Au mépris de grèves et de mobilisations souvent inédites, la droite au pouvoir, en France et en Europe, avance et transforme : elle casse les fondamentaux du service public, cette source de sécurité sur le plan social et d’égalité entre les personnes et les territoires.

Cette année, deux lois ont instillé au cœur du service public les impératifs de rentabilité : la loi promue par Valérie Pécresse sur l’autonomie des universités, qui a pourtant soulevé un vent de contestation magistral au printemps dernier, et celle portée par Roselyne Bachelot - la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » - qui a provoqué, elle aussi, une colère de la profession et même poussé de nombreux mandarins à défiler dans la rue. Pour ne prendre que ce second exemple, la mission de l’hôpital est de fait modifier : elle se trouve prioritairement tournée vers la recherche d’un équilibre financier et non vers la réponse aux besoins des patients. Les suppressions de postes attendues – le chiffre de 200.000 à prévoir est avancé – vont se répercuter sur la qualité du service rendu. Et les fermetures de certains services, ceux qui ne sont pas rentables, comme les centres IVG par exemple, risquent de se multiplier. Les réformes structurelles nécessaires au bon fonctionnement de l’ensemble de notre système de santé ne sont pas recherchées à droite dans une autre répartition des richesses mais dans une réduction de la part assumée par la collectivité, par la solidarité. N’oublions pas ici le vote, le 24 décembre, de la hausse du forfait hospitalier, qui passera l’année prochaine de 16 à 18 euros… Dans la foulée, les mutuelles de santé annoncent une hausse de 5% de leurs cotisations moyennes prévues en 2010. Logique.

L’année 2009 restera aussi celle du top départ de la privatisation du service postal. L’Assemblée nationale a adopté en première lecture le passage de l’établissement public La Poste en Société Anonyme, un prélude bien connu à la privatisation comme l’ont montré les tristes exemples de EDF-GDF ou de France Telecom. Qu’une votation citoyenne ait rassemblé deux millions de Français pour exiger un référendum sur le sujet n’a pas ému le gouvernement, qui avance là comme ailleurs sans faiblir. En 2009, c’est aussi la promesse du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite qui est maintenue,  alors même que la Cour des comptes vient d’épingler dans un rapport cette mesure qui, dit-elle, est une récompense aux « mauvais élèves ». Qu’importe là aussi, la mesure sous-tend une idéologie, celle de la baisse du nombre de fonctionnaires et de la part des dépenses publiques. Le projet de réforme territorial et la suppression de la taxe professionnelle, qui a mobilisé les élus fin 2009, ne poursuit pas une autre logique : il s’agit d’assécher les ressources des collectivités locales et donc de réduire la part du public.

Et nous finissons l’année 2009 avec un écho préoccupant paru dans la presse : Veolia pourrait s’allier à la compagnie ferroviaire italienne Trenitalia pour lancer des TGV en France à partir de 2012. C’est le fruit de la libéralisation du trafic ferroviaire voulue par l’Union Européenne. Demandons aux Anglais comment se termine la privatisation des chemins de fer, ils seront sans doute de bons conseils… Au final, ce sont les contribuables qui ont payé la faillite du privé. Bref ! Avec Sarkozy, tout serait-il bien devenu possible, comme promis, quelque soit même l’ampleur des contestations sociales ? L’ensemble a en tout cas le mérite de la cohérence. C’est sans doute la raison pour laquelle trois syndicats de la Fonction Publique – CGT, FSU et Solidaires – viennent d’appeler à un temps fort de grèves et de manifestations le 21 janvier prochain contre – je cite – la « politique destructrice du gouvernement » en matière de service public.

Commentaires

Commentaire de Bossis
Date: 16 janvier 2010, 19:48

Il faudrait que syndicats et partis de gauche se mobilisent pour obtenir un referendim d’initiative populaire sur les services publics avant le fin de l’année (par exemple introduire dans la constitution une définition des services publics qui les mettent en dehors du champ de la concurrence et préciser que leur mission et leur étendue sont du seul ressort de la nation). Cela initierait un débat de fond sur l’avenir de la France par rapport à l’Europe et à la mondialisation et serait un excellent tremplin pour battre Sarkozy en 2012 (contrairement aux primaires que nous promettent les socialistes)
cf mon argumentaire sur http://www.le-patriote.info/spip.php?article2885

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