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L’Europe ou la démocratie (chronique France Culture)

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Vous avez aimé le Traité constitutionnel européen en 2005, vous avez applaudi au Traité de Lisbonne en 2007, vous allez adorer le « Pacte de compétitivité » présenté la semaine dernière par le président de la Commission José-Manuel Barroso et le président du Conseil Herman Van Rompuy. Depuis la crise des subprimes, on aurait pu imaginer un changement de braquet pour que soient mis en pratique les discours sur « l’humanisation du capitalisme ». D’aucun aurait rêvé que l’on nous parle partage des richesses, taxation des profits, développement des services publics, extension des biens communs. Dans le document intitulé « Coordination améliorée des politiques économiques dans la zone euro », dévoilé hier en intégralité par le journal L’Humanité, c’est à un tout autre objectif que l’Union s’est attelé, à savoir : renforcer les politiques d’austérité et pousser l’intégration capitaliste de l’Union. Le couple franco-allemand a imposé sa marque. Le texte est écrit, comme d’habitude, dans un jargon bien difficile à digérer. Mais il en ressort des recommandations très claires, en particulier dans des domaines qui relèvent jusqu’ici de choix nationaux. D’abord, le Pacte de stabilité se trouve renforcé : les Etats seraient sanctionnés plus rapidement et plus fortement en cas de non-respect des normes d’endettement. Au nom de la lutte contre les déficits publics, le texte y va franco d’un point de vue social : la « modération salariale dans le secteur public » devra être encouragée, l’alignement de l’âge de la retraite devra se faire en fonction de l’espérance de vie ou la viabilité des finances publiques devra être recherchée en matière de sécurité sociale. En clair : la fonction publique doit donner l’exemple en termes de stagnation voire de recul des salaires, l’âge de départ à la retraite  mérite d’être augmenté et les budgets de protection sociale sont priés d’être à la diète. La course au moins-disant social est lancée. Il est demandé de mettre en concurrence les salaires, en les indexant non plus sur les prix mais sur la productivité. La fragmentation des négociations salariales doit être encouragée. La logique touche également au droit du travail puisque sont clairement promues dans le texte les formes précaires et flexibles d’emploi. Le document propose également de déplacer la fiscalité du travail vers la consommation par la fiscalité indirecte. Il faut comprendre : plutôt plus de TVA que de CSG. Donc une ponction plus inégalitaire.

 

Bref ! Ce qui me paraît particulièrement grave dans ce « pacte de compétitivité », outre son nom lui-même qui érige la compétitivité économique dans le marché mondial comme un objectif suprême en lieu et place d’un développement humain, c’est la poursuite d’une démarche qui ressemble à une constitutionnalisation d’une orientation politique. Au fond, du TCE en 2005 à ce document, il y a la volonté d’inscrire dans un marbre juridique des choix économiques et de tordre le coup aux volontés populaires ou parlementaires qui s’expriment dans le cadre national ou européen.  Une politique qui viserait par exemple à relancer l’économie par une hausse des salaires ou un grand emprunt contreviendrait à ces normes européennes. Le système de cogestion qui prévaut dans l’Union contribue à faire taire les oppositions. Et nous avons vu les difficultés des socialistes, en Grèce, au FMI ou ailleurs, à faire valoir une autre logique que celle des plans de rigueur qui font reposer sur le plus grand nombre les conséquences de la crise du capitalisme financiarisé. Que la droite libérale européenne, allemande et française en particulier, se régale de ces orientations n’a rien d’étonnant. Mais tous les Etats se rangeront-ils à cette doxa ? Que va dire et surtout faire le Parti Socialiste Européen, dont la voix à gauche porte particulièrement au Parlement européen ? Là réside une part de la réponse pour savoir si ce « pacte » passera d’un projet de texte à une véritable résolution européenne. A moins que le document sorte du silence assommant dans lequel le tienne les médias et que les esprits critiques de tout poil s’en emparent.

Commentaires

Commentaire de tristan
Date: 13 mars 2011, 11:20

comment voulez vous que l’europe se preoccupe de “l’extention des biens communs” alors que les collectivités territoriales de gauches sont incapable de montrer l’exemple?
et si les personnes , les salariés payés pour travailler pour “l’extention des biens communs ” touche un salaire précaire sans discussions possible car favorisant dans ce cas “l’extention des bien commun” alors…? clementine autain nous parlera de “l’expansion de l’univers” !
et JLM nous repondra alors a cette question : est il normal pour vous que plus on est riche, plus on s’enrichisse ?
d’aprés vous, il repondrait quoi comme ça au feeling ?
et bien vous avez tord car pour lui c’est l’inverse, seule les plus riches sont mieux payés car garant de la protection de “l’extention des biens communs” dans l’essonne ou avec amard et notament a viry chatillon ou il a des billes politique, JLM accredite le fait que les primes pour les salariés des collectivités territorial soit attribuée en proportions des salaires de ceux ci!

ps : sachant que “le bien commun ” reste une abstraction discutable et indiscutée.

Commentaire de frmwa
Date: 13 mars 2011, 11:41

Dans ce domaine, c’est l’Allemagne qui fait la loi. Une Allemagne dominée par une coalition chrétienne-démocrate et libérale, qui perd depuis un temps toutes les élections intermédiaires. Une Allemagne qui au départ était réticente à abandonner son mark pour l’Euro.
En France, il y a des partisans de la sortie de l’Euro, je ne vais pas les citer.
Sinon, en Europe, M. J.C. Junker, patron de l’Euroland, défend une option consistant à permettre à la banque européenne de racheter collectivement de la dette individuelle, une solution dont l’Allemagne ne veut pas entendre parler.
Barroso n’est qu’un pantin. La problématique se pose en ces termes, et c’est l’Allemagne qui a les cartes en main. Une Allemagne qui pourrait changer de majorité avec un SPD plus à gauche que naguère.
Mais ce ne sont que spéculations.

Commentaire de gilles
Date: 14 mars 2011, 22:41

L’Europe ou la démocratie, j’ai choisi la démocratie.

Commentaire de chene rouge
Date: 17 mars 2011, 10:54

laisser à penser que les sociaux libéraux (P.S. et E.E.L.V.) pourraient s’interroger sur leurs choix idéologique relève de l’escroquerie intellectuelle.

“que va faire le p.s. européen”
il n’y a pas de point d’interrogation à mettre en fin de phrase,les sociaux libéraux accompagnerons le déploiement du système capitaliste en europe dans ce qu’il a de plus pénalisant pour le monde du travail.

cette fausse candeur dans l’interrogation masque le refus de désigner les sociaux libéraux pour se qu’ils sont,l’inter face idéologique du capitalisme.

en laissant planer le doute sur leurs choix politique,on prépare évidemment les retrouvailles mortifères des seconds tour d’élections et au delà,d’une participation commune aux affaires.

les notions de “gauche droite”,n’ont plus aucune pertinence aujourd’hui.
le clivage se fait entre partisans du maintien du système (c’est l’écrasante majorité)et la petite minorité ,en recherchent d’outils efficaces,de vision prospective programmatique et stratégique.

le p.c.,p.g.,grenouille allègrement dans ce marais,la fédération voudrait y faire entendre sa voix,probablement un passage obligé dans la reconstruction d’un outil révolutionnaire (dans le sens changement d’état)

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