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L’abstention massive ou la politique sous contrainte (Chronique France Culture)

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Les cantonales n’ont pas suscité l’enthousiasme, ni fait la Une des journaux, et surtout pas rempli les urnes. Sur les marchés, les militants ont souvent du répondre à une simple question : « c’est pour élire quoi les cantonales… des cantonniers ? ». Non, des conseillers généraux, madame ! Qui siègent où ? Dans les départements. Ah… et les compétences ? Elles relèvent essentiellement du domaine social : les CG – comme ont dit - s’occupent du RSA ou de l’aide aux personnes dépendantes, des collèges, de subventions complémentaires diverses en faveur des crèches, du logement ou de la culture. Par les temps qui courent, leurs marges de manœuvre sont réduites puisque leurs compétences obligatoires ne cessent d’augmenter pendant que leur budget fond comme neige au soleil. Tant est si bien que la contrainte, réelle et supposée, qui pèse sur les choix politiques semble ruiner la politique elle-même.

Dimanche dernier, il s’agissait donc d’aller voter. Et, le chiffre mérite d’être répété, près de 56% des inscrits sont allés à la pêche. On bat tous les records, même celui de 1988 où l’abstention avait atteint 50,8%. En 2004, lors d’élections concernant la même série de cantons, l’abstention s’élevait à 33% au premier tour. En 2008, elle atteignait 35%. Le cru 2011 affiche donc plus de 20% d’abstention supplémentaire. Le tableau sorti des urnes confirme de façon cinglante la crise de légitimité des institutions. Bien sûr, les quartiers populaires sont les premiers à connaître la désertion des urnes : en Seine-Saint-Denis, par exemple, une commune atteint le chiffre stupéfiant de 75% d’abstention. Mais le décrochage ne concerne plus seulement les catégories populaires. La désaffection traverse la société : la politique, les institutions sensées la faire vivre, n’apparaissent plus comme des lieux privilégiés, opérationnels pour modifier les conditions de vie du plus grand nombre. La « vague bleue Marine » vient confirmer ce mouvement car les motivations du vote FN puisent dans le divorce, connu et plus que consommé, entre le peuple et les élites jugées inaptes à régler leurs difficultés. Autrement dit, l’abstention massive et le refuge dans un vote d’extrême droite signent la délégitimation des classes dirigeantes et la désespérance qui gagne face à la politique qui ne change pas la vie. C’est l’expression consciente et raisonnée d’une contestation, d’une insatisfaction profonde. Son origine réside fondamentalement dans l’effacement des clivages et l’atonie des idéaux comparativement à d’autres séquences historiques. C’est sur ce terreau que prospère l’idée du gouvernement des meilleurs, qui trouve particulièrement à s’épanouir à l’échelon local.

Or, selon la formule célèbre de Pierre Mendès-France : « gouverner, c’est choisir », la politique, c’est la mise en œuvre d’une orientation. Et pour choisir, il faut différentes options en jeu. Ce qui rend la politique d’aujourd’hui sans odeur ni saveur, c’est ce sentiment diffus que les marges de manœuvre n’existent plus, qu’il n’y a qu’un chemin. Le poids des contraintes semble avoir asséché le champ des possibles, étouffé l’imagination, assombri l’avenir. Les retraites ? Une seule solution face à l’allongement de la vie : allonger la durée de cotisation. La santé ? Pour renflouer le trou de la Sécu, il faut mettre à contribution les malades. Voilà l’évidence. L’avenir de la Poste ? La privatisation, c’est le sens de l’Histoire. CQFD. Taxer les profits ? Vous n’y pensez pas, les capitaux vont fuir ; ainsi va la globalisation. Les plans de rigueur ? Evidemment, d’ailleurs droite et gauche les mettent en place en Europe et le FMI veille au grain. Bref ! C’est ainsi que l’alternance et la logique du moindre mal sont devenus les moteurs principaux de vote. Ils prévalent sur l’adhésion et l’espérance. La politique se meure. Vive la politique.

(Dessin source Le Monde, par Martin Widberg)

Commentaires

Commentaire de ap
Date: 25 mars 2011, 16:20

je veux bien essayer… faire des efforts surhumains pour croire en quelque chose de mieux avec la gauche, mais quand ce matin j’ai lu que aubry avait signé un quelconque papier avec ramadan (!!!), excusez-moi, mais je ne regrette pas d’être allée me balader dimanche dernier sans passer par les urnes. Mais surtout, je me dis que droite ou gauche, il n’y a aucune “intelligence” politique. Rien, ça sonne creux et les intérêts des partis, quels qu’ils soient, sont les mêmes et le peuple, ils s’en tapent ! Que le pen passe, on y sera, dans le pire, et ça remuera peut-être les méninges de ces soi-disant politiques qui ne sont rien d’autre que des commerciaux.
En tout cas, je ne voterai plus !

Commentaire de ALIFARKA
Date: 26 mars 2011, 9:17

Dimanche dernier, avec mon épouse,

nous sommes allés voter

“Front de Gauche”

Résultat 2,9% dans mon canton

2ème tour: PS (le mieux placé) contre UMP (surtout pas)

je vote quoi: PS ou je vais me balader dans la campagne

à méditer…………………..

ALIFARKA

Commentaire de Mickael
Date: 26 mars 2011, 11:30

Avant d’être reclus, on est très distingué.

Commentaire de Humbert [PG32]
Date: 26 mars 2011, 17:41

Bravo !

Commentaire de ARNOULD
Date: 27 mars 2011, 17:38

Pourquoi le PCF a-t-il demandé au ministère de l’Intérieur des comptages séparés PCF(7.96%) et PG (1.27%), les deux partis formant entres autres, le Front de gauche ?
Etrange, non ?

Pourquoi P. Laurent s’est-il empressé de se faire photographier sur la péniche avec Aubry et Duflot ?
Etrange, non ?

Réflexe identitaire du PCF ? Nostalgie de la gauche plurielle ? L’ami Mélenchon fait-il peur ?

Les communistes dits identitaires reprochent à Mélenchon d’être un ancien socialiste qui revendique l’inventaire Mitterrand. Ces mêmes communistes “identitaires” voudraient lâcher Mélenchon et pour le coup l’étiquette FDG ( sans qui, l’autre gauche ne serait pas grand chose…) pour manger dans la gammelle du PS en vue des législatives de 2012 ( et oui, sans les miettes laissées par le PS, les députés communsites n’existeraient plus…).
Et après on va nous dire la main sur le coeur “union de la Gauche” ? J’espère me tromper.
J’espère que les militants communistes auront l’intelligence de faire vivre le Front de Gauche…vu l’OPA du PCF sur les collectifs anti-libéraux pendant la pré campagne de 2007, j’ai parfois des doutes…
Ecoutez les Andrés Guérin et Chassaigne, sans compter Gremetz? ça fait peur de bêtises et d’inconséquences !

Commentaire de Front de gauche élargi !
Date: 27 mars 2011, 17:42

Pourquoi le PCF a-t-il demandé au ministère de l’Intérieur des comptages séparés PCF(7.96%) et PG (1.27%), les deux partis formant entres autres, le Front de gauche ?
Etrange, non ?

Pourquoi Pierre Laurent s’est-il empressé de se faire photographier sur la péniche avec Aubry et Duflot ?
Etrange, non ?

Réflexe identitaire du PCF ? Nostalgie de la gauche plurielle ? L’ami Mélenchon fait-il peur ?

Les communistes dits identitaires reprochent à Mélenchon d’être un ancien socialiste qui revendique l’inventaire Mitterrand. Ces mêmes communistes “identitaires” voudraient lâcher Mélenchon et pour le coup l’étiquette FDG ( sans qui, l’autre gauche ne serait pas grand chose…) pour manger dans la gammelle du PS en vue des législatives de 2012 ( et oui, sans les miettes laissées par le PS, les députés communsites n’existeraient plus…).
Et après on va nous dire la main sur le coeur “union de la Gauche” ? J’espère me tromper.
J’espère que les militants communistes auront l’intelligence de faire vivre le Front de Gauche…vu l’OPA du PCF sur les collectifs anti-libéraux pendant la pré campagne de 2007, j’ai parfois des doutes…
Ecoutez les Andrés Guérin et Chassaigne, sans compter Gremetz? ça fait peur de bêtises et d’inconséquences !

Commentaire de tristan
Date: 27 mars 2011, 19:56

quand ça interesse moins le 3eme age populiste, les votes pour les cantonales a priori (il est 20h30) font dans la moderation. et c’est bien la qu’on voit que les gens n’ont pas envie de voter pour des charlots en politique a travers le fn.
dans la realité les electeurs sont méfiants et modérés.

on dit abstention mais combien de citoyen non inscrits ne sont pas comptabilisés !

mais les politiciens se defaussent un peu facilement sur le manque d’interet des gens pour la politique alors qu il ya trés certainement une dose d’hypocrisie importante et un calcul et une manipulation interessée qu’on imagine difficilement !
qu’ils s’etonnent aprés!!!!!!!
on les a pas beaucoup vu qd même avant les elections!!

javé fait une chanson pour sensibiliser au vote je l’envois sur fcbk !!!
++

Commentaire de BOB
Date: 28 mars 2011, 7:28

A chaque élection, la majorité des français vote soit pour l’UMP qui représente les intérêts du grand capital, soit pour le PS représentant ceux de la grande bourgeoisie. Et maintenant ils vont se rabattrent sur le Front National qui a fait de la peur de l’étranger son fond de commerce. Dans tous les cas le salarié est perdant, car aucun de ces partis ne remet en cause le système, pire, ils le cautionnent en apportant chacun sa petite touche démagogique pour flatter son électorat. Du nationalisme réactionnaire au libéralisme économique, il faut tout rejeter !….

http://2ccr.unblog.fr/2010/11/16/le-communisme-le-fascisme-leglise-et-le-capitalisme

Commentaire de jpp
Date: 28 mars 2011, 15:04

Je vous trouve bien pessimiste mais lucide sur l’avenir de la politique. La majorité des français et des européens sont gavés et ne veulent pas partager leurs richesses avec les émigrés dont ils ont peur. Il faudrait faire une carte du vote FN et du nombre d’immigrés présents, ex : Carpentras et tout le sud-est de la France.
Nous nous sommes vraiment américanisés. nous sommes au niveau des USA où les taux d’abstention aux élections battent des records.
Chacun pour soit et un seul dieu, l’argent!
Comment changer ?

Commentaire de comment changer
Date: 30 mars 2011, 6:19

voter communiste
voter cgt
militer dans les cités
habiter dans les cités

Commentaire de lilixe
Date: 7 avril 2011, 8:33

“Comment changer ?” demande JPP. Il y a une soution : un leader ou candidat/e (vite, c’est bientôt) qui propose autre chose que des rustines. Ecoutez les bien tous, même Mélenchon qui a ma préférence : il disait “rendre sa souveraineté au peuple” sans jamais avancer autre chose que des mesures où il n’est jamais question du peuple “qui décide/rait”, mais de gestion par un parti. J’ai de bonnes idées, un projet de Société. Même Mélenchon n’en tiendrait pas compte pourtant porté à la connaissance de tous les français, ça ferait un carton. Je pense que seule une femme accepterait de porter mes idées car il est anti guerre et anticapitaliste et anti xéno. Je vais l’écrire à Clémentine, c’est long à lire, le lira t-elle ? ou seulement ses modérateurs ? mon projet dans une France fichue, c’est le bonheur retrouvé…
p.s. : les révolutions arabes : ils s’arrangent en passant la main/pouvoir à un autre parti, et en plus les politiciens paient avec notre argent leur hégémonie dans ces pays : ils s’installent tous la bas (gauche droite, en échange de l’immigration : ils vident ces pays proches pour remplir le notre ! je suis pour ne plus stigmatiser ces français d’origine maghrébine, punir ceux qui les stigmatisent, mais il faut cesser l’hémorragie. Nous payons contre notre gré non pas les aides sociales, mais des milliards pour les villas et hotels (sociétés) des politiciens du système.

Commentaire de lilixe
Date: 7 avril 2011, 11:43

Tous ces français qui ne votent pas forment une majorité acquise pour un vrai projet.
Voter ou pas, nous restons enfermés dans un système qui n’a plus honte de montrer ses malhonnetetés et nous offre la répression dans tous les domaines sous l’excuse de l’éthique. ça suffit.
D’ailleurs sarko nous a montré la voix : il a changé la constitution sans notre consentement, contre nous, au nom d’une crise financière privée appelée publique ! n’importe quel pouvoir peut donc le faire. Sauf s’il porte cette dette qui n’est pas la nôtre - à la constitution, car les créanciers deviendront les maitres du pouvoir et adieu bob.
Je voulais dire que nous sommes bel et bien enfermés dans le système de ceux qui décident. Si ceux qui décident et qui font la crise partent, toute cette mondialisation financière s’écroule.
Noter qu’ils utilisent nos contributions (argent frais, mais que des écritures ou comptabilité virtuelles) pour se financer et qu’en revanche ils empruntent pour nous endetter chaque jour à milliards. Nous n’en sortirons pas s’il n’est pas reconnu leur forfait et pas question de dépénaliser.
Vous avez vu tout ce cinéma pour supprimer les peines de justice aux parlementaires tricheurs financiers ?! cela traduit qu’ils sont nombreux à cacher leurs fortunes accumulées en détournant nos fonds. Tout cela est inadmissible et aucun parti d’oppo n’en fait son fer de lance.
Ils sont inaudibles alors qu’ils devraient informer tous les français qui n’attendent que cette provoc des riches pour faire leur révolution. Et bien sûr il faudra refuser l’intrusion des ONU et UE dans nos affaires. UE que nous avons refusée.

Commentaire de gele
Date: 11 avril 2011, 17:26

L’ultra libéralisme, un mensonge bien français.

Sur le plan économique, la dépense publique en % du PIB est passée en un siècle de 8% (1910) à 57% (2010), ce qui veut dire qu’au cours du siècle écoulé l’Etat s’est approprié la moitié de la richesse nationale produite chaque année pour la dépenser à sa guise.

Le plus fou, c’est que face à cet incroyable constat, d’aucuns nous parlent d’une crise de l’ultra-libéralisme !!!

Hallucinant, c’est de toute évidence une crise de l’hyper-interventionnisme étatique, de la dépense publique qui a stérilisé la compétitivité de notre économie, détruit notre pouvoir d’achat à coup d’impôts, de cotisations et de taxes.

Voila l’incroyable manipulation, le chômage, la baisse de pouvoir d’achat tout ces maux dont le pouvoir nous parle en faisant croire qu’il est là pour les régler ont en réalité été créés de toutes pièces par lui même en raison de son intervention catastrophique et tentaculaire dans l’économie !

le seul moyen de réguler les abus générer par les hommes et par nos élus, ce n’est pas une “refondation” utopique, et irréalisable du capitalisme ! mais des contrôle sérieux face aux abus naturels que génèrent tous systèmes politique et dont les dérives ont abouti en 2008 à la crise financière, économique et sociale.

Dont les responsabilités sont à partager à part égale entre:

les politiques qui n’ont pas fait appliquer les règles législatives avec rigueur. Ils sont les grands responsables de nos déficits et de notre dette.

les financiers qui, après avoir mutualisé les risques, se sont montrés irresponsables avec l’argent des autres.

les banques qui ont quitté leur métier pour s’encanailler dans la spéculation internationale.

les citoyens saisis par la débauche d’une surconsommation à crédit. (Plus particulièrement au USA)

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