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Vu des vacances, les magazines parentaux… (Chronique France Culture)

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Je veux parler ce matin d’une race de magazines qui se vend comme des petits pains : les titres dédiés aux parents. Étant dans la cible et en vacances, j’ai testé pour vous la livraison d’avril ! A vrai dire, je me régalais par avance d’aller traquer le sexisme de cette presse qui, en fait de cibler les parents, s’adresse… aux mamans. Gagné : la prépondérance du rôle des mères dans l’éducation des jeunes enfants est impeccablement retranscrite. Dans la presse familiale, c’est dans les détails qu’elle se niche le mieux : pour preuve, dans Parents, l’un des plus vendus, l’astrologie est rédigée au féminin. En mai, avis au bélier - je cite : « avec votre bébé, ne vous montrez pas trop envahissante la deuxième quinzaine ». Les pères apprécieront. Sans doute autant que les pages « vos vies, vos envies », un rendez-vous 100% féminin. Et tristement stéréotypé, vu le titre : « Ferme sur toute la ligne ». Il s’agit bien sûr de votre silhouette, crèmes anti-cellulite, palper-rouler et autres conseils à la clé pour se muscler au quotidien. Les papas peuvent continuer à se goinfrer et à mollir sur le canapé, pas de rappel à l’ordre en vue. Dans Famili, autre titre phare, je tombe sur la rubrique « Ca bouge » qui commence par une page « shopping maman ». A suivre, j’attends le shopping papa. Rien du tout. Ce sera « shopping bébé » puis « shopping enfant ». Page suivante ? « Ca bouge beauté », avec une femme en photo et ce titre : « fraîche comme une rose ». Autre exemple, le magazine Enfants, même combat : au cœur du journal, 4 pages sont là pour nous apprendre, à nous les femmes, les mamans, à bichonner nos ongles. Partout, la publicité en rajoute une louche, de la promotion d’une crème pour ventre plat avec femme en maillot de bain à la pub qui met en scène une mère et sa fille pour vendre du lait ou des petits suisse. Dans tous ces magazines, c’est la récurrence qui donne le ton : les images montrent essentiellement des femmes, l’univers est clairement féminin. Mais que les magazines pour parents ne soient pas à l’avant-garde des modèles égalitaires hommes/femmes n’a rien de surprenant. Ce qui m’a finalement le plus étonnée, c’est l’univers de consommation sans complexe qui égrène tous ces magazines. De la première à la dernière page, presque tout est prétexte à consommer. La rubrique « banc d’essai » est un classique. Prenez ces 7 baignoires bébés ou ces 5 chauffe-biberons : rien à voir avec un travail sur le mode de Que choisir pour nous prévenir des arnaques et des bons plans, c’est une litanie sur les mérites de chacun des produits. La puériculture est un domaine privilégié pour vous vendre toutes sortes de choses dont vous ne ressentez pas l’utilité et dont vous n’aurez peut-être jamais l’usage. Vendre et faire vendre, on vous dit… Symptomatique, dans Parents, Enfants, Famili ou Votre bébé, un gros tiers des pages est réservé à la publicité. C’est considérable, preuve que l’univers des enfants est un immense marché. Plus grave : à plusieurs reprises, dans Votre bébé (sous titre : le magazine haut de gamme de la mère et de l’enfant), quand un expert intervient, il est le représentant direct ou indirect de la marque dont la page de pub est accolée à l’article. Exemple : le « marketing manager » de Smoby est interviewé comme expert sur les premières sorties à roulette de nos chérubins et hop, juste à côté, une page de pub pour… Smoby. Même genre, dans Parents, sur trois pages on nous explique pourquoi les tout-petits adorent Bambi, et dans le même numéro, tiens donc, trois pages de publicité sont achetées par Disney, dont une pour vanter la sortie de Bambi en DVD. Finalement, en lisant cette presse, on a un peu l’impression d’être pris pour un gogo, une vache à lait, une proie facile parce qu’en quête de bons conseils pour la prunelle de ses yeux. Il serait peut-être temps, un peu à l’image de ce que sont So Foot pour les titres sportifs ou Causette pour les féminins, qui tentent un regard décalé, qu’une équipe imagine un autre magazine familial, ludique et informatif, pour les pères et les mères d’un autre genre, et loin du modèle consumériste. Pour qu’ils puissent penser au lieu de dépenser…

Commentaires

Commentaire de jpp
Date: 21 avril 2011, 16:09

Ce n’est pas uniquement dans les magazines pour mamans que règne la publicité, c’est maintenant partout. Tous les médias en sont pleins, nous sommes sur terre pour consommer un maximum de produits même si en fin de compte ils ne servent à rien.

Commentaire de Chrysa
Date: 21 avril 2011, 17:40

Mon point de vue, est qu’au delà de ça, ce qui est condamnable c’est cette ambiante nataliste dans laquelle on baigne et où bien sur les femmes sont les premières cibles.
Toute cette presse, de piètre qualité comme la presse dite féminine ne contribue qu’à normer, influencer, imposer des diktats (allaitement, par exemple…) et à surtout bien rappeler aux femmes qu’elles ont un rôle premier dans cette société : servir de ventre. C’est honteux.

Aucune place pour le libre choix et encore moins pour la liberté childfree, où le fait de ne pas VOULOIR d’enfant.

Le désir personnel de chacun pour devenir parent n’est pas critiquable en soi, mais les injonctions multiples, tacites ou explicites de cette société pour pousser à la parentalité est gerbant. Non, on peut faire le choix de ne pas créer de nouveaux consommateurs ni d’en devenir en format XXL familial non plus !

Laissons nous libres de ne pas être pressurisées de toutes part pour être des mères si nous ne le voulons pas ! La normalité chacun se la construit, et cela peut très bien passer sans maternité, qu’on se le dise !
J’insiste sur la pression mise sur les femmes, car grace à un système nataliste, rétrograde ET sexiste, bien vivace, ces messieurs sont relativement laissés tranquille quand au non désir d’enfant, qui paraît “normal” venant d’eux..

Voilà, c’était le coup de gueule féministe childfree du jour ;)

Bien à vous

Commentaire de Jean-Marc
Date: 22 avril 2011, 7:54

C’était déjà de la daube il y a près de 20 ans, alors en lisant l’analyse de Clémentine je me félicite de n’avoir pas eu le faiblesse d’y chercher pour m’occuper de mes filles quelques conseils bien pensants rendant du coup terriblement mal… comprenant ! Qui aura je courage de créer un magazine, fut-ce numérique, sur le thème de la famille en y intégrant les points de vue les plus variés et les approches culturelles les plus diverses ? Forcément, ça fera pas vendre des petits pots de compote, des crèmes anti-vergetures et des gadgets débilos…

Commentaire de Indeed
Date: 22 avril 2011, 10:32

http://www.tachan.org/textes/pas_d_enfant.htm

Commentaire de Indeed
Date: 22 avril 2011, 10:35

Clémentine, si vous voulez un magazine sur le foot encore plus différent, vous pouvez essayer les cahiers du foot. La version papier n’existe plus mais le site fonctionne encore très bien (et son principal intervenant tient aussi un blog sur lemonde.fr). Vision bien moins conformiste que so foot.

Commentaire de Tristan
Date: 24 avril 2011, 21:19

tout ces mags sont qd même le sign d’une democratie pacifiée.
et même s’ils sont peu interessants pour la plupart. Mieux vaux ça qu’1 seul magagazine super fouillé mais ou l’etat t’imposerai 2 naissances maxi!!!
brefle pour conclure cette these incroyable de perspicacité on doit en vouloir comme le dit Clémentine Autain a une equipe vraiment motivée que rien n’empêche il faut bien l’admettre de tenter l’aventure d’un vrais journal de qualité dans ce ristre.

Commentaire de Lucignolo
Date: 9 mai 2011, 19:23

Sur la forme, votre post est juste, mais sur le fond, vous oubliez d’en relever le principal problème dans cette histoire. C’est que personne n’oblige ces dames à acheter ces magazines. Il n’y a pas de méchants conspirateurs derrière tout cela, il n’y a que des personnes (hommes et femmes) qui offrent à ces dames ce qu’elles attendent. C’est la loi de l’offre et de la demande. Pour vendre un journal et pour faire des bénéfices, il faut offrir à l’acheteur quelque chose qui lui plaise, c’est la base du marketing. (J’ose espérer que les journaux d’investigations ne suivent pas cette règle)… Je suis convaincu, que si vous vous postez dans un lieu où ils vendent ces magazines, et que vous observez les habitudes d’achats de ces jeunes dames, alors qu’elles ont le libre arbitre de choisir parmi le vaste choix de magazines, sérieux ou superflus, vous constaterez qu’elles choisiront plus souvent les magazines aux contenus superficiels que sérieux (il en va de même pour les hommes). Je dirai même que les hommes qui les accompagnent, préféreraient qu’elles dépensent leur argent dans des magazines plus sérieux. Mais bon, ces magazines ne s’intéressent pas à leurs petits soucis existentiels, alors ils sont condamnés à prendre la poussière dans les rayons en attendant que des braves hommes les enlèvent de là et leurs fassent prendre l’air. Connaissez-vous l’encyclopédie Wikipédia. Et bien, Wikipédia a fait une étude sur les personnes qui faisaient des contributions sur Wikipédia, et il en est ressorti que seulement 13 % des contributions étaient faîtes par des femmes, contre 87 % par des hommes, (Et encore, ils n’ont pas précisé l’âge).

Concernant votre combat pour la cause féminine, Mme Autain, vous faîtes preuve, à mon sens, de naïveté ou d’idéalisme aveugle. J’ai l’impression que vous n’avez pas encore réalisé que nous ne sommes plus à l’époque de Simone de Beauvoir est de son livre Le deuxième sexe, paru en 1949 ! Vous n’étiez d’ailleurs, même pas née. Depuis au minimum, une bonne trentaine d’année, les femmes en occident (sauf rare exception), sont libres. Libre de se former, libre de choisir leur mec, libre de travailler, libre de se vêtir et de se maquiller comme elles veulent, libre de faire des enfants et d’avorter. Elles sont libres de tout. (le viol et la violence physique ne concernent qu’une minorité de femmes. Bien que cela existe, et sans chercher à amoindrir et à nier cela, il est plutôt rare de croiser une femme avec un œil au beurre noir, vous en conviendrez ). Mais une chose qui n’a pas changé chez les jeunes femmes d’hier et d’aujourd’hui, c’est qu’elles sont toujours aussi, dans la grande majorité des cas, prisonnières de leur superficialité et de leur jérémiade. Et elles apprécient toujours autant, dans leurs jeunesses, les mâles baratineurs.

En voici un parfait exemple : http://www.youtube.com/watch?v=313d2jYyecY

Pauvres femmes victimes de tout…Manipulées, soumises, fragiles, innocentes, faibles, bla, bla, bla face aux grands méchants hommes… Ne vous êtes-vous jamais demandé, que si les machos existent encore, c’est parce que, dans leur majorité, c’est ce qu’elles aiment, un homme qui les protège et les rassurent. En réalité, le plus grand ennemi de la femme à notre époque et en occident, ce n’est pas l’homme, mais la femme pour elle-même.

Peut-être que pour vous, ces propos vous ont paru hallucinant, mais sans me mêler de votre vie privée qui ne regarde que vous, je tiens néanmoins à vous préciser, qu’une jeune femme, comme vous qui s’intéressent à la politique, à l’économie, aux droits et libertés des uns et des autres, qui est capable de se défendre dans un débat, qui argumente et qui dit clairement ce qu’elle pense, sans fioriture, sans non-dit, et qui est apte à avoir un regard critique sur ce type de magazine, c’est plutôt rare, ou du moins vous faîtes partie d’une minorité. Dans votre domaine, le paysage médiatico-politique français, on peut n’en citer que quelque unes, qui se sont fait connaître, Caroline Fourest, Rama Yade, Cécile duflot, c’est plutôt maigre comme bilan. Peut-être qu’à force de fréquenter des milieux politisés et associatifs, où vous avez eu l’occasion de croiser des jeunes femmes engagées, vous vous êtes déconnecté de la femme basique. Une femme, certes, tout aussi compétente dans le domaine professionnel que les hommes voire plus, mais dans son quotidien de personne, une nature qui se compliquent beaucoup la vie pour pas grand-chose, et doutant de tout. Promenant leurs décolletés et déambulant devant les vitrines de magasin à la recherche du nouveau bien matériel, plutôt qu’à se pencher sur les grandes questions philosophiques et sociales de notre époque. Et croyez-moi sur parole, c’est l’antithèse d’un macho qui s’exprime, faisant preuve de lucidité.

Blaise Cendras en avait fait une meilleure définition que moi à ce sujet :

« La torpeur morale, les habitudes infantiles, les raisonnements primaires et les préoccupations mesquines, tout cela est en somme assez normal chez une femme sans tempérament, sans curiosité, creuse et dont les seuls scrupules de conscience, sont exclusivement d’ordre hygiénique… »

Lui qui était un poète, je ne pense pas, à titre personnel, qu’il s’est voulu montrer insultant ou moqueur , mais j’ai plutôt l’impression d’entendre, un homme quelque peu désabusé face à la sottise de certaines femmes. Il y a même des femmes qui préfèrent la compagnie « amicale » des hommes plutôt que celle de leur sexe… Bon, il y a tout de même une chose que j’ai constaté, c’est qu’avec l’âge, les femmes, dans l’ensemble, se bonifient sur le plan humain, comme le vin. Mais comme le vin, certaines, qui ont vécu trop de frustrations en se laissant faire et qui ont été trop secouées dans leur vie, se transforment malheureusement en vinaigre.

L’avenir de l’homme, c’est la femme, disait Aragon,
Et bien, le déclin des machos est dans le comportement des femmes. ..Sans tomber dans la guerre des sexes, des jeunes femmes qui s’intéresseraient, se renseigneraient et s’affirmeraient un peu plus sur des sujets spirituels, suffirait. Un vrai exemple pour les enfants.

Quant à vous, je me permets modestement de vous proposer d’utiliser votre force de caractère et de vous investir dans des causes plus noble que la cause féminine française, comme l’accès à l’eau potable pour des populations qui n’en n’ont pas, par exemple . Car pendant que vous vous agitez inutilement pour ces dames françaises, elles, elles sont assise chez le coiffeur ou le manucure à se faire dorloter ! Blague à part, et là je suis très sérieux, pour voir à quel point certaines femmes ne sont pas solidaire entre elles, c’est que j’ai vu un reportage sur l’inde, où des

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